(Québec) L’acte de vente confirmant la vente de la Maison Chevalier a été signé. L’immeuble patrimonial du Vieux-Québec, situé en plein cœur du Petit-Champlain, a été vendu au groupe Tanguay pour 2,2 millions malgré les protestations d’historiens et de partis d’opposition.

Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse

« La transaction s’élève à 2,2 m$ et tient compte du fait que l’acquéreur aura à sa charge des investissements importants à réaliser à court terme sur le bâtiment », écrit le Musée de la civilisation dans un communiqué de presse diffusé vendredi après-midi.

L’organisme justifie sa décision et précise que Gestion 1608, une division du Groupe Tanguay, va « maintenir une vocation publique » à la Maison Chevalier et « s’engage » à maintenir l’édifice en bon état. De son côté, il « n’avait plus la capacité financière d’y maintenir des activités », explique-t-il.

« Il est également important de souligner que toute vente ultérieure, si le propriétaire souhaitait s’en départir, devrait être approuvée par la ministre de la Culture et des Communications », souligne le musée.

L’annonce de la vente de la maison Chevalier par le Musée, avec l’autorisation du gouvernement Legault, avait provoqué une levée de boucliers chez les amants du patrimoine. Des dizaines d’élus, d’historiens et de personnalités du milieu muséal ont demandé à Québec de revenir sur sa décision de vendre la Maison Chevalier à la famille Tanguay, sans succès.

La Société historique de Québec a lancé une pétition et a fait parvenir une lettre à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, signée par 177 personnes, dont l’ancien directeur du Musée de la civilisation Michel Côté.

Catimini

Le processus de vente a débuté en 2018, mais plusieurs acteurs affirment que le tout s’est joué en catimini. C’est le point de vue de l’ancienne élue péquiste Agnès Maltais. « Pourquoi vendre en catimini ? Depuis quand le gouvernement brade, vends ses immeubles sans appel de proposition, sans que personne ne le sache, sans débats ? », a-t-elle déploré.

De son côté, Québec soutenait que cette décision a été prise alors que le gouvernement libéral était toujours en poste, et que l’immeuble ne servait plus depuis les compressions budgétaires du gouvernement Couillard de 2016. « Le gouvernement ne peut pas tout acheter et tout protéger. Le fait qu’une entreprise québécoise veuille acquérir un immeuble patrimonial, le protéger, le mettre en valeur, je pense qu’on doit s’en réjouir », expliquait la ministre Roy.

L’acquéreur, le Groupe Tanguay, appartient à la famille du même nom, bien connu dans la capitale nationale. L’entreprise va faire de la maison le siège social de sa division immobilière, et entre 30 et 40 employés pourraient y travailler.

Le bâtiment est vendu « sans aucune garantie ni légale ni conventionnelle » et est « aux risques et périls de l’acheteur ».