(Montréal) Deux ans après la disparition d’une mère de famille de 34 ans, les proches de Mélissa Blais n’arrivent toujours pas à comprendre ce qui a bien pu se passer le 2 novembre 2017 pour expliquer la disparition de Mélissa Blais.

Helen Moka
La Presse canadienne

« Il n’y a rien qui a été retrouvé, ni sa voiture, ni un morceau de vêtement, ni son cellulaire. C’est comme si elle s’était volatilisée, puis nous, on est resté dans le néant depuis deux ans, » raconte la belle-sœur de la disparue Sylvie René, retenant ses larmes, en marge d’un rassemblement que la famille avait organisé samedi à Louiseville, en Mauricie.

Le rassemblement se voulait l’occasion de ramener le dossier à l’avant-plan, en empruntant ce qui a été possiblement le même trajet que Mélissa Blais dans cette municipalité de 7000 habitants, sur l’avenue Saint-Laurent.

« Ma plus grande espérance, c’est d’avoir un seul indice qui nous mène quelque part », raconte Mme René en entrevue à La Presse canadienne. Les proches espéraient ainsi que cela inciterait quelqu’un à livrer une information à la Sûreté du Québec (SQ), qui avait installé son poste de commandement mobile à proximité, dans le stationnement de l’hôtel de ville.

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Melissa Blais est disparue depuis le 2 novembre 2017, à Louiseville.

Celle-ci reconnaît toutefois que les chances de la retrouver vivante sont plutôt minces, voire impossibles après deux ans. D’ailleurs, Mme René ne voit pas autre chose que la thèse criminelle pour expliquer cette disparition.

« C’est toujours la thèse qu’elle s’est fait agresser dans la rue en allant à sa voiture. Je ne vois pas autre chose. Si elle avait eu un accident, on aurait trouvé la voiture. On même ratissé le secteur grâce à un ami qui a un hélicoptère », a-t-elle spécifiée.

Mais à la Sûreté du Québec, si toutes les hypothèses sont toujours sur la table, aucun élément ne laisse croire à ce jour que Mélissa Blais a été victime d’un acte criminel.

« Il y a eu beaucoup de recherches qui ont été effectuées dans ce dossier », souligne la sergente Marie-Michèle Moore de la SQ en mentionnant tout le travail qui a été accompli par les services héliportés de la SQ, en véhicules tout-terrain, par les plongeurs de la SQ ainsi que les patrouilleurs nautiques et les patrouilleurs spécialisés en recherche.

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La SQ invitait toutefois les gens qui auraient pu apercevoir cette femme à venir partager leur information avec les policiers soit en se présentant au poste de commandement mobile sur place pour la journée ou en faisant appel à la Centrale d’Information criminelle au 1-800-659-4264.

« Toute information, qui pourrait paraître banale pour un citoyen, pourrait finir par être capitale dans ce dossier », rappelle la sergente Moore.

« Il faut rappeler également que son véhicule qui est une Toyota Corolla 2011 noir n’a toujours pas été retrouvé. Alors, encore une fois on sollicite l’aide du public pour faire progresser l’enquête. »

Briser les préjugés

La marche se voulait aussi l’occasion de « briser les préjugés » puisque Mélissa Blais a été vue pour la dernière à la sortie d’un bar le 2 novembre 2017, vers 2 h 30 du matin.

« Les gens autour sont portés à faire des jugements, mais on comprend vraiment ce que d’autres ont vécu quand on a les deux pieds dedans », a expliqué Sylvie René.

« Quand on est rentré là-dedans, on a pensé aux autres familles. On a pensé aux Provencher qui ont vécu ça avec leur enfant. On a pensé à Mme Métivier qui le vit encore [la disparition de son fils] et ça fait 30 ans ! Il y a des enfants qui s’ennuient de leur mère » a laissé tomber Mme René, la voix étranglée par l’émotion.

La marche qui s’est amorcée devant le restaurant-bar Brassette l’Ami sur l’avenue Saint-Laurent devait se terminer par un rassemblement devant l’église Saint-Antoine-de-Padoue, mais aucune cérémonie n’était prévue à l’intérieur.

« Là je parle pour moi. Je ne suis pas prête encore à faire une messe pour Mélissa parce que c’est comme de dire que c’est fini et on en parle plus, qu’on accepte qu’elle soit morte sans réponse », affirme sa belle-sœur.

« On a fait faire un montage photo vidéo […] Ça va permettre à ceux qui ne la connaissaient pas de voir qui elle était et de rappeler aux autres de bons souvenirs. »