Le traversier MV Apollo, rongé par de multiples troubles et qui a dû être mis hors services en mars après avoir heurté un quai, aura une nouvelle vie sous l’eau en tant qu’habitat aquatique et site de plongée.

La Presse canadienne

Le navire deviendra un récif artificiel que pourront visiter les amateurs de plongée sous-marine à Godbout, sur la Côte-Nord.

La municipalité de Godbout a annoncé avoir conclu une entente avec la Société des traversiers du Québec (STQ) et un organisme à but non lucratif, la Société Apollo de Godbout.

Le plan consiste à couler le navire dans la baie l’été prochain, une fois que le projet aura reçu l’approbation de Transports Canada et d’Environnement Canada.

La STQ avait acheté le traversier d’occasion en janvier au prix de 2,1 millions pour remplacer le MV F. -A. -Gauthier, alors en panne depuis des mois.

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Le MV F. -A. -Gauthier.

L’Apollo était auparavant exploité par Labrador Marine, naviguant entre le nord-ouest de Terre-Neuve et la Basse-Côte-Nord au Québec.

Deux collisions, dont l’une a laissé un trou béant à l’avant du bateau, ont officiellement mis fin à sa première vie utile, mais selon le Bureau de la sécurité des transports du Canada, le traversier était déjà gravement endommagé avant les accidents.

La STQ a annoncé en mars qu’elle retirait le traversier de la circulation en raison des risques de dommages supplémentaires et du coût des réparations. Les deux collisions sont survenues le 16 mars à Matane, en Gaspésie, et trois semaines plus tôt, à Godbout, de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent.

L’entente annoncée lundi prévoit l’achat du navire au coût symbolique d’un dollar par la Société Apollo de Godbobut. La STQ s’engage à assumer les frais de préparation du bateau jusqu’à concurrence de deux millions de dollars, ce qui représente le coût minimal estimé par la société d’État pour disposer du bateau auprès d’un recycleur.

Dans un communiqué publié lundi, la municipalité de Godbout présente ce projet non seulement comme «un attrait touristique aux retombées économiques importantes», mais aussi comme «un impact positif sur l’environnement en créant un nouvel habitat pour la faune et la flore aquatiques».

Pour le maire, Jean-Yves Bouffard, ce dénouement positif offrira à sa municipalité un «levier de développement économique et touristique» en plus de «donner une seconde vie à ce navire».

Son homologue dans la ville voisine de Baie-Comeau, Yves Montigny, a accordé son appui au projet en soulignant le caractère «structurant» de la démarche «pour toute la région».