(Québec) La députée caquiste Agnès Grondin se défend de servir les intérêts d’un promoteur australien qui souhaite implanter un vaste complexe récréotouristique avec hôtels-boutiques et résidences pour retraités près de Wentworth, un village des Laurentides de 585 habitants.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

La Presse faisait état hier des remous que cause ce projet dans la région. On soulignait que Mme Grondin, députée d’Argenteuil, avait organisé une réunion entre les maires de Wentworth, Jason Morrison, et de Wentworth-Nord, François Ghali, afin de discuter d’un changement réclamé par le promoteur Oliver Tham.

Ce dernier souhaite que le ministère des Affaires municipales transfère administrativement une partie du terrain ciblé pour le projet, située à Wentworth-Nord, au village voisin, Wentworth. Le promoteur invoque la difficulté de négocier avec deux municipalités et deux MRC différentes. M. Ghali, inquiet de l’impact de ce projet « pharaonique », a trouvé un peu « bizarre » que l’élue fasse une telle démarche alors que M. Morrison aurait pu tout simplement lui passer un coup de fil.

Une occasion de se parler

« Mon intention était tout simplement d’offrir cette opportunité-là à des élus de se parler. Après ça, je me retire. Ça leur appartient », a affirmé Agnès Grondin hier, juste avant la période des questions au Salon bleu. Selon elle, « c’est plutôt rare » que les représentants de ces deux municipalités voisines ont des échanges, car elles sont dans des MRC différentes.

« Moi, je suis complètement neutre dans ce dossier-là », a-t-elle soutenu. Elle convient qu’il s’agit d’un « mégaprojet ». Elle n’est toutefois « pas surprise » que la petite localité soit ciblée par un promoteur, car « Wentworth est magnifique ».

« On peut tout à fait comprendre que l’ensemble des intervenants a des questions et est préoccupé par cette idée de projet », a ajouté Mme Grondin. Elle refuse de donner son propre avis. « On va voir si un projet final est déposé. Après, je pourrai voir quels sont les enjeux et quels sont les impacts dans le milieu. Pour le moment, on est au tout début d’une réflexion ou d’une idéation. […] Je n’ai pas du tout à m’ingérer dans ce dossier-là. J’ai grandement confiance dans les instances municipales pour faire face aux différents enjeux », a-t-elle expliqué.

Inquiétudes

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, confirme que le promoteur a envoyé une lettre à son ministère. « Oui, il y a des inquiétudes du maire de Wentworth-Nord », mais tant qu’il n’y a pas de résolution du conseil de Wentworth pour demander un transfert de territoire, Québec n’a pas à prendre position, a soutenu Mme Laforest.

De son côté, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a affirmé qu’aucun projet n’avait encore été soumis à son ministère. « Alors aucune évaluation environnementale n’a pu être entamée de notre côté. Le ministère n’a pas encore eu à intervenir », a ajouté M. Charette, député de Deux-Montagnes, dans les Laurentides.

 – Avec Gabriel Béland, La Presse