(Montréal) Deux policiers québécois ont été formellement accusés d’agression sexuelle à la suite d’enquêtes distinctes menées par la « police des polices » en Gaspésie et dans le Grand Nord.

Giuseppe Valiante
La Presse canadienne

Une porte-parole du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a confirmé mercredi que des accusations avaient été portées contre Timothy Sangoya, du Corps de police régional Kativik, au Nunavik, et Roger Barnaby, du Service de police de Listuguj, en Gaspésie.

M. Sangoya, âgé de 62 ans, fait face à un chef d’accusation d’agression sexuelle, qui aurait été commise en 2003. Il a comparu devant le tribunal le 17 juin.

M. Barnaby, âgé de 32 ans, fait également face à un chef d’agression sexuelle, qui aurait été commise en 2017. Il n’a pas encore comparu devant un juge.

Les deux hommes sont les premiers policiers accusés au criminel à l’issue d’enquêtes menées par le BEI. Créé en 2016, le Bureau des enquêtes indépendantes a ouvert 77 enquêtes criminelles sur des policiers du Québec depuis le début de ses activités en juin 2016 ; de ce nombre, 35 enquêtes sont toujours en cours.

Ni le BEI ni la Couronne n’avaient annoncé publiquement les accusations portées contre les deux policiers. Le BEI a simplement mis à jour les statistiques dans son site internet pour refléter le fait que la Couronne avait décidé de porter deux accusations à l’issue de ses enquêtes.

Peter Arsenault, directeur de la sécurité publique au sein du gouvernement micmac de Listuguj, a déclaré que l’agent Barnaby avait été suspendu avec salaire en décembre dernier, au début de l’enquête. « La procédure judiciaire aura lieu […] dans le courant de l’automne », a indiqué M. Arsenault, sans vouloir donner plus de détails.

Un porte-parole du Corps de police régional Kativik n’a pas voulu commenter l’affaire. Ce corps de police remplace la Sûreté du Québec depuis 1996 dans les 14 communautés autochtones du Nunavik, vaste territoire du Grand Nord québécois.

Le BEI enquête sur les cas de décès ou de graves blessures résultant d’une intervention policière, et sur les accusations d’agression sexuelle impliquant un policier. Mais il enquête aussi « sur toute accusation de conduite criminelle contre la police lorsque le plaignant est membre d’une communauté des Premières Nations ou inuite ».