Tristement célèbre pour ses accidents mortels, l’autoroute 50 qui relie Mirabel à Gatineau sera bientôt sécurisée. Québec y aménagera une glissière flexible à haute tension (GFHT) pour séparer les voies et ainsi éviter les collisions frontales, une première dans la province.

Mayssa Ferah
La Presse

Le 28 juillet, une collision a fait cinq blessés sur cette autoroute surnommée « l’autoroute de la mort ». Cet accident est toutefois loin d’être le seul. Depuis le 1er mai 2018, on dénombre 22 accidents matériels impliquant des véhicules, 8 accidents qui ont fait des blessés et 1 accident mortel sur le tronçon visé par ce projet de sécurisation, soit entre la fin des quatre voies à Gatineau et l’ouest du chemin Doherty à L’Ange-Gardien. Les µnombreux accrochages ont forcé les autorités à agir.

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a annoncé qu’une glissière à câbles, aussi appelée GFHT, serait installée au centre de la chaussée afin de réduire les collisions frontales et la gravité des accidents.

« On a relevé un certain enjeu de sécurité à cause de la récurrence des collisions », a dit Rosalie Faubert, porte-parole du ministère des Transports (MTQ) pour la région de l’Outaouais. « Ce projet novateur permettra d’éviter jusqu’à 96 % des collisions frontales. »

Un type de glissière à câbles avait déjà été installé au Québec en 2016 en bordure de l’autoroute afin d’empêcher les sorties de véhicules sur la route 125, à Chertsey, dans la région de Lanaudière. C’est la première fois qu’une glissière flexible à haute tension sera installée au centre de la chaussée. Il s’agit d’un projet de sécurisation très attendu dans le milieu, ajoute Mme Faubert.

D’autres solutions ont été envisagées par le MTQ, comme un muret de béton. Cependant, cette option diminuait la visibilité des usagers de l’autoroute. La glissière offre une meilleure visibilité, et son installation ne demande pas de modifications majeures de la chaussée. La glissière sera installée sur une distance de 5,4 kilomètres.

Le Ministère a également entrepris d’autres actions pour sécuriser l’autoroute 50, comme l’amélioration de la signalisation et l’ajout au système d’éclairage.

On veut diminuer la gravité des accidents et éviter les collisions mortelles.

Rosalie Faubert, du MTQ

François Bonnardel a exprimé dans un communiqué sa satisfaction quant à la solution pour sécuriser l’autoroute, sur le segment où les voies sont contiguës entre Gatineau et L’Ange-Gardien. « J’ai hâte de voir les résultats que cette technologie nous offrira et d’évaluer s’il nous sera possible de l’utiliser à d’autres endroits où la sécurité est un enjeu », a-t-il dit. Il implore toutefois les conducteurs de respecter les limites de vitesse et de faire preuve de vigilance sur la route.

L’appel d’offres concernant la construction sur l’autoroute 50 sera publié cet automne, et les travaux seront entamés au début du printemps prochain, après le dégel.

Le communiqué précise que l’installation de la GFHT n’interférera pas avec le projet majeur d’amélioration de l’autoroute 50 entre Gatineau et Mirabel.

Un système qui pardonne

Les glissières de ce type installées au milieu de l’autoroute permettent de prévenir le risque de collision sérieuse en cas d’accident en empêchant les automobiles de traverser la voie opposée. Les câbles à haute tension permettent aussi d’atténuer le choc en diminuant l’impact du véhicule, qui aura tendance à longer la barrière. « Ce système pardonne beaucoup plus que les systèmes traditionnels en béton en cas de collision », a affirmé Peter Mah, ingénieur à Transports Alberta qui a supervisé l’installation des GFHT dans la province de l’Ouest.

Il ne s’agit pas d’une technologie nouvelle. Ce type de barrière est utilisé un peu partout dans le monde depuis au moins une décennie : au Royaume-Uni, en Australie, en Suède et dans le reste du Canada. Selon Peter Mah, la province de l’Alberta en fait usage depuis 13 ans, avec des résultats très satisfaisants, estime-t-il.

Il s’agit également d’une infrastructure dont la réparation est facile et peu coûteuse. En moyenne, selon les données de M. Mah concernant la province où il habite, l’installation se fait dans un délai de cinq mois. La GFTH permet aussi de réduire l’accumulation de neige sur les autoroutes, avantage considérable pour les pays composant avec un hiver rude. Le système a fait ses preuves : selon M. Mah, la grande majorité des collisions où se trouvait une GFHT ont occasionné des dommages au véhicule seulement, et ont laissé les passagers indemnes.