Le soleil rayonnant donnait à la journée des airs paisibles, hier, mais la guerre contre l’eau est toujours à son comble dans la région de Rigaud. Et elle est loin d’être gagnée. Moments choisis, en photos.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Patrick Sanfaçon Patrick Sanfaçon
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PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Lorsque La Presse avait visité M. Scanzano la semaine dernière, il s’affairait à construire une barricade en contreplaqué, doublée d’une membrane isolante. Ses efforts ont visiblement porté leurs fruits, car la maison de sa mère est restée au sec. « Il y a même du gazon qui a tenu le coup ! » s’est-il félicité, pointant quelques mèches vertes qui sortaient du gravier entre la digue et la bâtisse.

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Une fois la camionnette au sec, Michael Scanzano est venu chercher sa mère pour la ramener chez elle en bateau. « Le moral est bon, mais on est fatigués », a-t-il avoué, après un week-end passé à lutter contre la montée de l’eau.

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Sur le chemin de la Pointe-Séguin comme ailleurs dans la municipalité, l’eau a tellement monté qu’on ne distingue plus la rivière des Outaouais des terrains riverains. Il y a deux ans, Doug Murdoch (dont la résidence n’apparaît pas ici) avait vu l’eau envahir son sous-sol jusqu’au plafond. Cette fois, les infiltrations sont minimes, grâce à cinq pompes électriques qui travaillent de concert et aux sacs de sable qui bouchent les fenêtres. « Tout est sous contrôle », a-t-il assuré alors qu’il prenait du soleil sur son perron.

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Malgré plus de 30 centimètres d’eau qui recouvraient la route, ce cycliste n’allait pas laisser filer une telle journée de beau temps !

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« En 2017 j’ai pleuré, en 2019, je suis choquée. » Sylvie Ménard ne mâchait pas ses mots, hier. Son mari et elles vivent dans leur campeur stationné à la résidence de leur fils, alors que leur maison est totalement inaccessible. La riveraine avoue avoir encore en travers de la gorge les développements qui ont suivi les inondations d’il y a deux ans. « Ce que je voulais, c’était monter ma maison sur des fondations, mais le gouvernement a dit que les dommages étaient trop élevés. » Le couple a donc utilisé la somme octroyée par Québec pour faire des rénovations, mais ne croyait pas se retrouver les pieds dans l’eau si vite.

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« Mon père a bâti cette maison-là en 1962, je l’ai rachetée et j’espérais que mon fils puisse l’avoir après moi », a poursuivi Mme Ménard. Son mari Donald Roussin a toutefois ajouté que si un acheteur se présentait, le couple serait prêt à l’écouter, même si l’offre était en deçà de la valeur de la maison. « J’ai assez joué dans l’eau », tranche M. Roussin. Sylvie Ménard précise tout de même qu’à l’approche de la retraite, son mari et elles ne voudraient pas devoir contracter une nouvelle hypothèque sur une autre résidence.

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À la demande de la Sécurité civile, les Forces armées canadiennes sont arrivées en renfort à Rigaud au cours du week-end. Quelque 160 militaires sont à pied d’œuvre depuis. Ils aident notamment les pompiers et les ambulanciers pour transporter les citoyens dont le domicile est inaccessible aux véhicules d’intervention traditionnels vu la quantité d’eau sur la route. Un couple a d’ailleurs été évacué dimanche soir grâce à l’assistance d’un véhicule blindé léger.

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Les représentants des Forces comptaient hier sur 35 véhicules et 3 zodiacs. En parcourant les rivières Rigaud et des Outaouais, les militaires font de la reconnaissance afin de s’assurer que leurs véhicules, des blindés légers et des blindés tactiques de patrouille, puissent s’aventurer dans les rues inondées de la municipalité.

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La patrouille de la Sûreté du Québec s’assure pour sa part de visiter les riverains pour s’assurer qu’ils sont en sécurité et qu’ils ont la situation en main.

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En matinée, les autorités municipales ont appelé les citoyens à la plus grande prudence s’ils s’aventuraient dans l’eau, en raison du fort courant dans ce secteur et des débris qu’il transporte.

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Alors que presque 200 résidences de Rigaud sont toujours inondées, la municipalité s’est évertuée hier à « briser le mythe » selon lequel l’eau est en train de se retirer. « Ce n’est pas parce que le débit à la centrale de Carillon plafonne que les inondations sont terminées », a insisté le directeur du service de sécurité incendie Daniel Boyer. « Le vrai travail va commencer quand l’eau va se retirer, mais est-ce que c’est dans une semaine ? Deux semaines ? On n’a aucune donnée encore à ce sujet. »