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Un village autochtone pourrait interdire un pow-wow

« Ce n'est pas une décision qui revient aux... (Photo fournie par Susan Esau)

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« Ce n'est pas une décision qui revient aux politiciens, a dit Susan Esau, du comité organisateur du pow-wow. Nous voulons aller de l'avant. À cause de cette attention supplémentaire sur nous, des gens nous contactent pour nous dire qu'ils nous soutiennent et qu'ils vont venir à notre pow-wow. »

Photo fournie par Susan Esau

Ce n'est plus l'État canadien qui interdit aux autochtones de pratiquer leur spiritualité traditionnelle, mais la menace demeure : un village cri de la Baie-James s'apprête à voter afin de déterminer s'il permettra ou interdira la tenue d'un pow-wow, au grand dam des organisateurs.

Le conseil des aînés et le conseil des jeunes de Waskaganish, à 750 kilomètres au nord de Montréal, se sont opposés au rassemblement traditionnel, prévu à la fin de septembre sous le thème « Célébrer la vie à travers la danse et le chant ». Au vu de ces oppositions, le conseil de bande a décidé de soumettre la question à sa population par un référendum plutôt que de trancher lui-même.

Sur les réseaux sociaux, des dizaines de Cris dénoncent depuis quelques jours une atteinte à leur liberté de religion et de rassemblement.

Le village compte 1800 habitants et 5 églises d'autant de dénominations chrétiennes : les pentecôtistes, les anglicans, les évangélistes, les baptistes et les catholiques y sont représentés.

« La communauté de Waskaganish est vraiment profondément religieuse », a expliqué Susan Esau, du comité organisateur du pow-wow.

« Certaines personnes ne comprennent pas ce que l'on fait. C'est le résultat de la peur qui a été instillée dans l'esprit de notre population pendant tant d'années. Ils ne savent pas que la liberté de choix existe maintenant : ils pensent encore qu'il faut faire les bonnes choses ou bien on va en enfer. »

- Susan Esau, du comité organisateur du pow-wow

Le pow-wow planifié accueillerait des musiciens et des danseurs locaux, ainsi que d'autres provenant de diverses communautés autochtones.

« Il y a une époque où les gens à Waskaganish ne pouvaient même pas célébrer leur mariage avec une danse [traditionnelle] », a dénoncé Mme Esau. Elle blâme les pensionnats autochtones pour avoir fait apparaître la peur des religions traditionnelles dans l'esprit de plusieurs de ses concitoyens.

Pendant des décennies, jusqu'en 1951, la Loi sur les Indiens permettait à des fonctionnaires fédéraux d'interdire ou de limiter la tenue de cérémonies traditionnelles dans les réserves autochtones. La Commission vérité et réconciliation de 2015 souligne aussi l'importance du respect des cérémonies traditionnelles.

« Nous voulons aller de l'avant »

La cheffe Darlene Cheechoo n'a pas rappelé La Presse, tout comme différents leaders spirituels de Waskaganish. Le chef du conseil des jeunes du village, Conrad Blueboy, et le chef du conseil des aînés, William T. Hester, ne voulaient pas accorder d'entrevue hier. Leurs organisations n'ont pas expliqué publiquement leur prise de position contre le pow-wow.

« Des membres du conseil des aînés ont affirmé qu'ils n'appuyaient pas la tenue de ce type d'événement/activité dans notre communauté », explique simplement le conseil de bande dans un communiqué officiel publié la semaine dernière et qui annonçait la tenue du référendum.

Ce texte fait aussi valoir que le conseil de bande a « toute l'autorité pour décider » s'il permet la tenue d'un rassemblement traditionnel dans le village.

Susan Esau et son comité organisateur contestent cette affirmation. Leurs contacts avec le conseil de bande, entrepris il y a plusieurs mois, ne visaient qu'à l'informer de la tenue de l'événement.

« Ce n'est pas une décision qui revient aux politiciens, a-t-elle dit. Nous voulons aller de l'avant. À cause de cette attention supplémentaire sur nous, des gens nous contactent pour nous dire qu'ils nous soutiennent et qu'ils vont venir à notre pow-wow. »

Quant au référendum, le moment de sa tenue n'a pas encore été déterminé. Le conseil de bande a indiqué qu'il serait annoncé « dès que possible », tout comme la question exacte qui sera soumise aux résidants.




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