La controverse s'intensifie au sujet d'un projet de résidences de luxe adjacent au parc du Mont-Saint-Bruno, même si le promoteur, le sénateur Paul J. Massicotte, assure vouloir en faire un modèle de respect pour l'environnement.

Charles Côté LA PRESSE

Hier soir, le projet connu jusqu'ici sous le nom de Boisé des Hirondelles a été présenté sous un nouveau jour. Fini les pseudo-manoirs prévus en 2006. Le promoteur propose maintenant une trentaine de maisons modernes, conçues sur mesure et respectant un lourd cahier des charges environnemental. Et un nouveau nom: Développement de la Futaie.

«Il faut que le projet soit d'une grande qualité du point de vue du respect de l'environnement, a affirmé hier M. Massicotte, au cours d'une rencontre avec les journalistes. Le processus d'approbation sera lourd.»

Pendant que les architectes embauchés par M. Massicotte ont expliqué le projet dans une salle du centre communautaire municipal, des opposants se sont réunis à l'extérieur.

Loin d'être convaincus par le nouvel habillage vert du projet, plusieurs ont accusé le promoteur de publicité trompeuse.

Une annonce de deux pages dans un hebdomadaire local cite un extrait d'une lettre datée de 2006, signée par l'un des opposants, laissant croire que le projet a leur appui. «On vous demande publiquement de vous rétracter», a lancé Catherine Mondor au sénateur Massicotte, en lui remettant une mise en demeure.

En outre, selon les opposants, la publicité va trop loin quand elle cite un avis de SNC-Lavalin affirmant que «le site n'abrite aucune plante désignée menacée».

«Il n'existe aucune étude sérieuse actuellement à ce sujet», tranche Tanya Handa, professeure de biologie à l'UQAM.

D'ailleurs, les experts de SNC-Lavalin reconnaissent dans leur avis que leur visite du terrain, le 14 avril dernier, était «beaucoup trop hâtive pour la réalisation d'un inventaire floristique».

L'information repose donc sur une étude préliminaire commandée par la Ville et jugée incomplète au terme d'une consultation publique menée le printemps dernier. À ce sujet, M. Massicotte s'est dit prêt à réaliser d'autres études et a rappelé que le projet requiert l'approbation du ministère de l'Environnement.