Tout comme les hôtels de qualité se voient attribuer quatre ou cinq étoiles, les résidences privées pour personnes âgées du Québec auront bientôt un processus d'évaluation semblable. La FADOQ lancera l'hiver prochain sa nouvelle accréditation ROSES D'OR. Seule ombre au tableau: la participation à ce programme sera facultative.

Ariane Lacoursière LA PRESSE

«Ce sera un sceau de qualité de vie et de bien-être. On évaluera différents critères qui ne sont pas considérés dans le processus de certification actuel des résidences privées. Par exemple, la nourriture est-elle bonne? Les loisirs sont-ils intéressants?» explique le directeur général de la FADOQ, Danis Prud'homme. La FADOQ recevra un million de dollars sur quatre ans du gouvernement pour mener à terme ce projet.

 

Le programme ROSES D'OR existe déjà au Québec. Mais depuis que le gouvernement a obligé les résidences privées pour aînés à se certifier, la FADOQ a dû revoir ses critères d'évaluation. «On est en train de les réviser. Tout devrait être prêt pour l'hiver 2010, annonce M. Prud'homme. Au départ, le nouveau programme sera volontaire. Mais on espère que ça devienne obligatoire d'ici peu.»

M. Prud'homme ne comprend pas pourquoi la ministre des Aînés, Marguerite Blais, n'a pas profité de la publication du dossier de La Presse sur les résidences privées pour aînés pour rappeler que le nouveau programme ROSES D'OR de la FADOQ est en branle. La ministre Blais a préféré annoncer que son gouvernement financera l'embauche de clowns dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Le gouvernement déboursera 293 000$ en quatre ans pour cette initiative.

Cette annonce a dérangé plusieurs intervenants. Marc Morin est préposé aux bénéficiaires depuis 27 ans. Selon lui, le gouvernement se moque des aînés. «Mme Blais décide d'envoyer des clowns dans les résidences pour aînés. Sur quelle planète vit-elle? Les aînés ont besoin de soins et d'écoute. Le réseau d'hébergement pour aînés ne cesse de se dégrader au Québec», dit-il.

La ministre Blais a défendu, hier, sa décision. Selon elle, les clowns permettront de briser l'isolement et la solitude dont souffrent plusieurs bénéficiaires. «Ce n'est pas du tout infantilisant de mettre un rayon de soleil dans la vie des gens», a-t-elle argué.

Par ailleurs, La Presse a appris que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) diffusera l'été prochain une nouvelle «Plateforme de revendications pour une vision sociale et positive du vieillissement». Ce document contiendra une série d'exigences qui pourraient mener à des moyens de pression.

Dans le document, la CSN dénonce le «manque de volonté» du gouvernement de «répondre aux besoins des personnes aînés par une offre suffisante de services publics». La CSN réclame un «renforcement des critères de certification des résidences pour personnes âgées» et demande au ministère de la Santé «d'uniformiser les exigences de formation du personnel oeuvrant auprès des personnes vulnérables».