Le gouvernement Charest a annoncé ce matin qu'il se retire du plan de restructuration de l'industrie des courses de chevaux.

Mis à jour le 20 févr. 2009
Denis Lessard LA PRESSE

Québec avait proposé une solution au syndic chargé de trouver une solution à la faillite anticipée d'Attractions hippiques il y a deux semaines. Mais la controverse soulevée par des manchettes annonçant qu'on s'apprêtait à faire un cadeau d'un milliard de dollars à un sénateur libéral, Paul Massicotte, avait vite fait hésiter les stratèges du premier ministre Charest. La proposition est retirée avant même l'expiration du délai donné la semaine dernière par le tribunal pour poursuivre les discussions. «Les activités de courses de chevaux ne font pas partie des missions essentielles de l'État. Il est toutefois de la responsabilité du gouvernement d'offrir des mesures d'aide transitoire aux travailleurs et aux éleveurs de cette industrie», a soutenu vendredi, par communiqué, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget

Comme l'avait indiqué La Presse, Mme Jérome Forget explique son retrait par le refus des hommes de chevaux d'accepter le plan de relance soumis par Québec. «L'annonce du refus, par les hommes de chevaux, d'entériner le plan de restructuration qui leur a été présenté par le syndic de faillite RSM Richter, témoigne que les discussions sont vouées à l'échec», indiquait ce matin Mme Jérôme-Forget dans un communiqué.

Depuis 13 ans, Québec a versé plus de 400 millions de dollars en subventions pour soutenir l'industrie des courses de chevaux. Or, malgré ces fonds publics, l'industrie n'a fait que péricliter. Le pari mutuel est en chute depuis des années. On pariait 345 millions de dollars en 1980.

On ne pariait plus que 136 millions en 2008. Désormais, 80 % de ces sommes sont pariées sur des courses tenues à l'extérieur du Québec et présentées sur écrans dans les Hippo Clubs.

Pendant des années, Québec avait pompé 50 millions par année dans cette industrie. Or il y a deux ans, le Vérificateur général du Québec avait produit un rapport impitoyable sur la gestion des fonds publics par la SONNAC, l'organisme parapublic responsable des courses et de la gestion de Blue Bonnet à Montréal.

Avec un déficit prévu cette année, et des problèmes à maintenir le financement de la santé et de l'éducation, «le gouvernement constate qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale pour un soutien financier de l'État aux courses de chevaux» constate le ministère des Finances.

Pour Québec c'est au tribunal, à la Cour supérieure qu'il reviendra de trancher, le 9 mars prochain, quant à l'avenir d'Attractions Hippiques. Advenant la fin des activités d'Attractions Hippiques, la ministre entend discuter avec ses collègues des ministères de l'Emploi et de l'Agriculture, des mesures d'aide à mettre en place pour les travailleurs et éleveurs. Des mesures transitoires seront prévues, assure-t-on.

Loto-Québec retirera les 265 appareils de loterie vidéo présents dans les hippodromes de Montréal et d'Aylmer. Attractions Hippiques avait déjà droit à 22 % des recettes de ces machines, et la proposition de Québec, retirée vendredi, ajoutait encore des appareils de loterie vidéo au salon de pari de Montréal.