L'ex-femme et la fille du ministre du Revenu Robert Dutil réclament sa démission. Elles affirment que la Cité écologique, une communauté dont elles sont membres, a été discréditée par son retour à la vie publique l'automne dernier.

Mis à jour le 17 févr. 2009
Martin Croteau LA PRESSE

En novembre, en pleine campagne électorale, les médias ont fait état d'une vieille controverse liant M. Dutil à la Cité écologique. Ce faisant, disent Karine Veilleux-Dutil et sa mère Noelline Veilleux, la communauté a une fois de plus été injustement associée à des pratiques douteuses. Et ce, même si plusieurs enquêtes ont démontré qu'il ne s'y déroule aucune activité répréhensible.

 

Mme Veilleux-Dutil, l'une des gestionnaires de la Cité, dit avoir demandé plusieurs fois à son père d'intervenir publiquement pour rétablir la réputation du projet. Mais Robert Dutil a toujours refusé de commenter l'affaire, voulant protéger sa vie privée.

«Je m'explique à tous les jours sur cette histoire aux gens qui viennent nous visiter, a affirmé Mme Veilleux-Dutil en conférence de presse. Le Québec a encore en tête ces vieilles rumeurs.»

Située à Ham-Nord, dans les Bois-Francs, la Cité écologique rassemble 150 personnes qui vivent essentiellement d'agriculture biologique. Ses habitants se conforment à un certain nombre de règles, comme s'abstenir de fumer. Les enfants sont envoyés dans une école alternative aujourd'hui supervisée par la Commission scolaire de Victoriaville.

En décembre 1988, alors qu'il était ministre délégué à la Famille, à la Santé et aux Services sociaux dans le gouvernement Bourassa, Robert Dutil s'est retrouvé dans l'embarras lorsqu'il fut révélé que sa famille habitait cette communauté, et qu'il y passait ses fins de semaine.

Projet Culte, l'ancêtre d'Info-Sectes, avait à l'époque dénoncé la Cité écologique en affirmant que ses valeurs ne concordaient pas avec celles du gouvernement. L'organisme demandait à Robert Dutil de démissionner.

Peu après cette controverse, M. Dutil avait été rétrogradé au ministère des Communications. La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) s'était aussi intéressée à la Cité écologique. Toutes les enquêtes l'ont blanchie.

Robert Dutil et sa famille ont quitté la Cité écologique en janvier 1989. Sa femme, Noelline Veilleux, est retournée y vivre avec leurs trois enfants après leur séparation, en décembre 1990.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Karine Veilleux-Dutil et sa mère Noelline Veilleux prétendent que Robert Dutil possède des informations qui permettraient d'identifier les responsables des rumeurs qui ont couru au sujet de leur communauté. Elles affirment qu'il leur a promis de publier ces faits l'an dernier, lors de son retour en politique, mais qu'il a changé d'idée.

«Mon père, dès 1994, aurait pu faire une conférence de presse pour parler des enquêtes et il n'a jamais voulu le faire, dit Mme Veilleux-Dutil. Maintenant, c'est revenu sur la place publique parce qu'il s'est présenté (aux élections). Ce n'est pas revenu parce que nous l'avons voulu.»

Le ministre Dutil a refusé de commenter la sortie de son ex-femme et de sa fille, hier.