En marge de la rencontre annuelle de l'Association des gouverneurs américains où ils sont invités pour la première fois, plusieurs premiers ministres canadiens, dont Jean Charest, ont rencontré vendredi la responsable de l'Agence de la protection de l'environnement américaine, Lisa Jackson, ainsi qu'un des principaux conseillers économiques de Barack Obama, Larry Summers.

Mis à jour le 19 févr. 2010
Yves Schaeffner LA PRESSE CANADIENNE

Le but de ces rencontres? «Cultiver notre relation avec nos voisins américains», a précisé Jean Charest.

Le premier ministre québécois espère aussi pouvoir faire avancer quelques dossiers précis au cours des trois jours qu'il va passer dans la capitale américaine.

Il espère notamment faire du lobbying pour que l'hydroélectricité soit reconnue comme une forme énergie renouvelable en sol américain. Il en a d'ailleurs été question lors de la rencontre avec la responsable de l'Agence de la protection de l'environnement.

«Cette reconnaissance créerait un environnement plus propice à l'exportation (d'hydroélectricité) et aux contrats à long terme, a-t-il confié. Cela créerait un incitatif supplémentaire pour que nos voisins américains achètent de l'hydroélectricité.»

Parmi ses alliés aux États-Unis, Jean Charest dit compter sur le gouverneur du Vermont, James Douglas. Ce dernier - qui préside actuellement la National Governors Association (NGA) - est également à l'origine de l'invitation faite aux premiers ministres canadiens à se joindre à la rencontre annuelle des gouverneurs.

Soulignant les liens étroits qui unissent le Québec au Vermont, Jean Charest a affirmé que Jim Douglas avait rencontré le président Barack Obama récemment en compagnie d'un groupe de gouverneurs et qu'il avait plaidé en faveur de la reconnaissance de l'hydroélectricité comme énergie renouvelable.

Bien qu'optimiste, Jean Charest ne se fait toutefois pas d'illusions à court terme. Comme cette reconnaissance nécessite le passage d'une loi, il dit qu'il va falloir se montrer patient.

«Cela fait déjà quelques années que nous travaillons sur ce dossier-là. Mais là, il se présente une situation où l'on peut influencer un groupe de décideurs importants», a-t-il précisé en évoquant ses trois journées de rencontres à Washington.

Participant à différents entretiens en compagnie de ses homologues des autres provinces, Jean Charest a également obtenu une rencontre en tête à tête avec le secrétaire américain aux Transports, Ray Lahood, dimanche. Naturellement, il sera question des fameux projets de trains à haute vitesse qui pourraient relier Montréal à New York et Montréal à Boston.

Cette rencontre surviendra trois petites semaines après que l'administration Obama ait présenté ses intentions d'investissement dans le transport ferroviaire. Sur les 8 milliards $ US qu'elle avait à investir à travers les États-Unis, l'administration américaine a choisi de n'investir que 500 millions $ US dans les États du nord-est du pays. Et seul 3 millions $ US ont été alloués pour l'amélioration de la ligne Montréal-New York. À titre de comparaison, des États comme la Californie ou la Floride ont reçu plusieurs milliards de dollars chacun.

Avant cela, le premier ministre Charest participera samedi à des tables rondes sur les enjeux frontaliers, de l'énergie et de l'environnement et de l'agriculture. Il rencontrera également le gouverneur du Mississippi et président de l'Alliance des États du sud-est américain et des provinces canadiennes, Haley Barbour.

Les premiers ministres de la Saskatchewan, de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Manitoba, de l'Ile-du-Prince-Édouard, de l'Alberta, et du Québec participent à cette mission américaine, à Washington.

En arrivant dans la capitale américaine, le premier ministre du Nouveau-Brunswick a blagué en voyant la neige, lançant que l'administration municipale aurait pu envoyer un peu de neige en Colombie-Britannique pour les Jeux olympiques.

Shawn Graham a qualifié l'invitation du National Governors Association de «moment historique», ajoutant que les échanges que les premiers ministres auront avec des membres clefs de l'administration Obama seront aussi cruciaux.