Stephen Harper se défend de baisser les bras lorsqu'il affirme que, en dépit des renforts américains, on ne pourra éliminer les talibans du territoire afghan.

Violaine Ballivy LA PRESSE

Dans la première entrevue de la tournée médiatique de 48 heures qu'il a entreprise aux États-Unis, le premier ministre a été appelé à justifier ses récentes déclarations selon lesquelles l'Afghanistan ne sera jamais débarrassé des insurgés associés à Al-Qaeda. «Ce serait irréaliste d'affirmer que nous allons éliminer chaque insurgé en Afghanistan. L'histoire du pays nous indique qu'un tel objectif ne serait pas réaliste», a-t-il affirmé hier matin au réseau Fox News.

 

«Je crois que l'Afghanistan fera face à un soulèvement pendant encore un bon bout de temps», a ajouté M. Harper.

Le premier ministre a réitéré son intention de rapatrier les troupes canadiennes avant la fin de 2011. Le président Barack Obama n'a fait aucune pression sur Ottawa pour que la mission soit prolongée au-delà de cet échéance, a-t-il indiqué.

Mais le retrait des soldats n'impliquera pas nécessairement le retrait complet de la présence canadienne: «Nous allons continuer à être là pour assurer une aide à la gouvernance et au développement.»

M. Harper a accordé cette entrevue à Fox News une semaine après la diffusion par ce réseau d'une émission au cours de laquelle des commentateurs avaient tourné en dérision le Canada et les militaires canadiens. Le réseau avait ensuite offert ses excuses.

Économie

À quelques jours de l'ouverture du sommet du G20, le premier ministre Harper a aussi parlé d'économie. Il a affirmé que la crise financière mondiale durera tant que les États-Unis et le secteur financier n'auront pas réglé leurs principaux problèmes économiques. «L'économie américaine et le secteur financier mondial doivent sortir du pétrin. On ne peut pas s'en sortir sans cela.»

Il a soutenu que le moment est venu de revoir le système économique mondial. «Nous avons besoin d'avoir de bons systèmes de régulation avec une certaine forme de supervision internationale à long terme.» Il croit à ce chapitre qu'un consensus est possible et soutient que les divergences d'opinions entre les pays sont moins importantes que les rumeurs ne le laissent croire.

Environnement

Le premier ministre Stephen Harper a ensuite ouvert la porte à une révision de certaines dispositions de l'ALENA pour y inclure les normes du travail et les normes environnementales. «Barack Obama voudrait voir ces aspects mieux intégrés dans l'ALENA. Nous ne somme pas fermés à cela, à condition de ne pas rouvrir complètement l'accord.»

Ces propos ont souri au chef du NPD, Jack Layton. «Ce serait une très bonne nouvelle mais, s'il est sérieux, il aurait dû l'annoncer aux Canadiens d'abord», a-t-il dit. De son côté, le bloquiste Pierre Paquette s'est inquiété d'entendre Stephen Harper affirmer que le Canada s'était engagé dans l'adoption d'un plan de relance de l'industrie automobile parce que les États-Unis l'avaient d'abord fait. «Cela veut dire qu'il n'aurait fait aucun effort autrement, et qu'il ne fera certainement aucun effort pour tous les autres travailleurs du secteur manufacturier ou forestier qui ont été laissés pour compte.»

Stephen Harper sera de passage à CNN aujourd'hui.

 

Karzaï en poste jusqu'en août

Le président afghan Hamid Karzaï va se conformer à la décision de la Cour suprême selon laquelle il doit se maintenir au pouvoir jusqu'au prochain scrutin présidentiel en août, a annoncé hier un porte-parole présidentiel. Cette décision met un terme à des semaines d'incertitude concernant l'éventualité d'un vide du pouvoir causé par une clause de la Constitution stipulant que le mandat du président Karzaï s'achevait le 21 mai alors que le scrutin présidentiel n'est prévu que trois mois plus tard. L'élection présidentielle n'aura lieu que le 20 août en raison de contraintes logistiques et de la situation sécuritaire. - AFP