Submergé par un afflux de nouveaux chômeurs, le gouvernement fédéral tente d'accélérer le traitement des demandes d'assurance-emploi.

Fannie Olivier LA PRESSE CANADIENNE

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a annoncé mardi l'embauche de «centaines» de fonctionnaires pour faire face à la crise, le jour même où Statistique Canada annonçait que le nombre prestataires d'assurance-emploi avait bondi de 4,4 pour cent en un mois.«Nous avons déjà embauché quelques centaines de personnes et nous allons en engager quelques centaines de plus pour atteindre notre objectif de livrer les prestations dans le moyen le plus efficace et le plus rapide que possible», a indiqué la ministre en point de presse.

Le gouvernement conservateur a investi 60 millions $, notamment pour l'embauche de personnel supplémentaire, mais aussi pour l'automatisation des demandes et l'ajout de cinq semaines de prestations supplémentaires pour les chômeurs.

Selon la ministre Finley, en ce moment, 80 pour cent des demandes sont traitées en moins de 28 jours. Rien de plus faux, ont répliqué en choeur les trois partis d'opposition.

Les députés libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont confié recevoir quotidiennement des appels de chômeurs en détresse qui attendent depuis 50 ou 60 jours qu'on réponde à leur demande.

«Il suffit de demander à l'un ou l'autre des 307 autres députés dans cette Chambre pour se rendre compte que la ministre Finley ment», s'est indigné le néo-démocrate, Thomas Mulcair.

Le député d'Outremont a rappelé que seulement 40 pour cent des chômeurs ont droit à l'assurance-emploi.

«Il y a eu 23 000 demandes d'assurance-emploi en janvier, mais 100 000 personnes ont perdu leur emploi. La question est la suivante: où sont-ils et pourquoi ne se qualifient-ils pas pour l'assurance-emploi?», s'est demandé à son tour le libéral Mike Savage.

Le bloquiste Pierre Paquette a pour sa part accusé la ministre de mettre un pansement sur un cancer. À son avis, l'annonce de l'embauche de fonctionnaires ne corrigera rien à un problème qui s'aggrave à grande vitesse.

«La ministre aura beau rajouter des ressources, il n'en demeure pas moins que le traitement des demandes passe à travers un filtre de critères qui sont ingérables, et on le voit en période de crise économique», a soutenu M. Paquette.

L'opposition s'entend sur le fait que le système doit être simplifié pour être plus efficace.

«La seule solution, c'est d'avoir un régime beaucoup plus simplifié, avec une accessibilité uniforme pour tout le monde, que l'on considère le traitement des demandes avec bonne foi (...) et que l'on abolisse le délai de carence», a fait valoir M. Paquette.

Depuis un an, le nombre de bénéficiaires de l'assurance-chômage a augmenté de 104 000 personnes, soit un bond de 22,8 pour cent.