Retards, graves lacunes, manque de ressources et de formation; le commissaire à l'information dresse un portrait catastrophique de l'accès à l'information au Canada.

Mis à jour le 26 févr. 2009
Malorie Beauchemin LA PRESSE

La dégradation constatée dans le rapport déposé à la Chambre des communes jeudi matin témoigne d'une «profonde crise de gestion de l'information à l'échelle du gouvernement», estime le commissaire Robert Marleau.

Pour les fins de son rapport, M. Marleau a évalué les rendements de dix institutions fédérales quant au traitement des demandes d'information pour l'exercice 2007-2008.

Dans la plupart des cas, les processus sont jugés inefficaces, les délais sont constamment dépassés et le commissaire conclut même à une «absence de leadership en haut lieu» pour ce qui est de l'accès à l'information.

«Il y a un certainement un manque de leadership et souvent c'est motivé par le fait de ne pas avoir la volonté politique d'agir, ou un manque de priorité, a souligné M. Marleau. Le gouvernement canadien ne voit pas l'accès à l'information comme un risque, et c'est un risque fondamental. On rend le processus démocratique d'accès, le droit du citoyen, otage de l'inaction.»

M. Marleau réclame des changements à la Loi sur l'accès à l'information et juge que le gouvernement est «inconscient».

Les partis de l'opposition ont vivement réagi au dépôt du rapport, accusant le gouvernement conservateur de manquer de transparence, alors que les troupes de Stephen Harper avaient justement fait campagne en 2006 en promettant une plus grande imputabilité.

«On voit bien que la Loi sur la responsabilité (adoptée par le gouvernement conservateur nouvellement élu en 2006) n'était en fait qu'un subterfuge», a estimé le député libéral Dan McTeague.

Le député néo-démocrate Pat Martin a quant à lui déposé hier un projet de loi pour réformer l'accès à l'information. Il estime qu'un changement de culture doit s'amorcer à partir des plus hautes instances gouvernementales.