Après une course serrée de cinq tours et plus de six heures de votes, le libéral Peter Milliken a été réélu hier comme président de la Chambre des communes pour la quatrième fois depuis 2001. Il a ainsi coiffé au fil d'arrivée sept de ses collègues députés qui ont brigué ce poste assorti de nombreux avantages.

Hugo De Grandpré LA PRESSE

Pour l'occasion, la Chambre des communes était présidée pour la première fois par un député du Bloc québécois, Louis Plamondon. La coutume parlementaire veut en effet que ce soit le député avec le plus d'expérience à Ottawa qui dirige la Chambre avant que le président ne soit élu. M. Plamondon a siégé comme conservateur à partir de 1984, puis comme bloquiste après l'échec de l'accord du lac Meech, en 1990.

 

«Comme vous avez pu le constater, la majeure partie de cette cérémonie se déroulera en français, a-t-il lancé après s'être assis sur le grand fauteuil feutré du président. C'est que c'est ma langue maternelle et que j'y tiens beaucoup.»

Rétablir l'ordre

Le retour du décorum à la Chambre était au coeur de ces élections. Plusieurs se plaignent de la cohue qui règne durant la période de questions depuis quelques années, où les invectives, insultes et autres propos ou gestes disgracieux sont devenus monnaie courante.

Chacun des huit candidats qui ont prononcé un discours hier a affirmé son intention de rétablir l'ordre à la Chambre des communes. L'un d'eux, Mauril Bélanger, a rappelé les paroles de l'ancien chef du Nouveau Parti démocratique, Ed Broadbent, au moment de tirer sa révérence, en 2005: «Si j'étais un enseignant, je ne voudrais plus amener des élèves du secondaire assister à la période de questions.»

Peter Milliken a cependant insisté sur l'importance que tous les partis travaillent ensemble pour améliorer le climat au Parlement. «Je suis d'accord, le décorum s'est d'une certaine manière dégradé. Mais je ne crois pas que cela soit anormal dans un gouvernement minoritaire», a noté ce mordu de procédure parlementaire de longue date.

Au terme de la journée, cependant, au moins un des candidats défaits a dit espérer que le gagnant modifie lui aussi son approche. «Quand il y a des personnes qui abusent les procédures dans la Chambre, qu'il prenne des méthodes de renforcement contre elles», a lancé le néo-démocrate Joe Comartin, resté dans la course jusqu'au quatrième tour.

Nombreux avantages

Le poste de président de la Chambre des communes vient avec plusieurs avantages. Son détenteur devient locataire d'un vaste domaine dans les collines de Gatineau, la ferme de Kingsmere, en plus de son appartement au Parlement.

Il jouit d'un chauffeur et d'un budget annuel de près de 170 000$ pour la seule tenue de réceptions. Son salaire de base de député est majoré de près de 75 000$, soit l'équivalent de ce que reçoivent les ministres ou le chef de l'opposition officielle.