En nommant John Gomery au poste de président, le Conseil de presse du Québec cherche à renforcer son image en tant qu'organisme de régulation du journalisme.

Mis à jour le 19 févr. 2010
Mathieu Gobeil LA PRESSE

Comme le précise le secrétaire général du Conseil et ex-président par intérim, Guy Amyot, John Gomery a été choisi surtout pour la grande crédibilité dont il jouit auprès du public, ainsi que son long parcours professionnel.

En conférence de presse aujourd'hui à Montréal, l'ancien président de la Commission d'enquête sur le programme des commandites mentionne ne pas vouloir donner une nouvelle orientation au Conseil de presse, mais plutôt renforcer son rôle. « C'est un mécanisme de régulation très important pour la liberté de presse. Sans son existence, c'est une loi gouvernementale qui régirait le métier de journaliste », mentionne-t-il.

John Gomery déplore la décision des diffuseurs privés, tels que TVA, TQS, Astral et Corus, de se retirer du Conseil de presse à la fin de 2008, qui selon lui affaiblit l'organisme. «Une de mes tâches en tant que président du Conseil sera de convaincre ces entités de revenir au sein du Conseil». Il précise que pour l'instant, le Conseil de presse reçoit des plaintes concernant certains télédiffuseurs, même si ceux-ci n'y sont plus représentés. «C'est un problème qu'il faut régler», dit-t-il.

En réponse à une question concernant la portée restreinte des décisions rendues par le Conseil, il soutient que «la principale fonction d'une sanction du Conseil est de mettre dans l'embarras le journaliste qui ne respecte pas les normes. Et ça marche bien. Il n'y a pas un journaliste qui aime se faire critiquer ouvertement par ses pairs». John Gomery souhaite améliorer la clarté des décisions du Conseil, pour qu'elles soient mieux comprises du public.

Il se dit aussi préoccupé par la place grandissante de l'information gratuite, présente entre autres sur Internet. «Je pense que l'idée de pouvoir accéder à de l'information sans rien payer est possiblement une erreur de la part de ceux qui rendent cette information accessible gratuitement. Ceci ne respecte pas la valeur du travail des journalistes.»

Par voie de communiqué, les représentants du Conseil de presse ont déclaré vouloir faire en sorte que l'organisme rayonne davantage dans la sphère publique et qu'il devienne la référence en matière d'éthique journalistique au Québec, à l'aide d'un nouveau plan d'action. John Gomery a dit ne pas être en mesure de donner des précisions concernant ce plan. «Je suis à l'étape de l'apprentissage».

L'ex-juge, qui s'est dit grand consommateur de médias d'information, tant en français qu'en anglais, a vanté la qualité des informations produites au Québec, en donnant l'exemple du travail d'enquête des médias qui a révélé les problèmes d'administration à la Ville de Montréal. Faisant référence à son implication lors de la dernière campagne électorale à Montréal, il assure qu'il reste neutre sur le plan politique.