Les voyageurs peuvent à nouveau mettre le cap vers les plages du Mexique. L'Agence de la santé publique du Canada a levé hier son avis déconseillant les «voyages non essentiels» vers le pays du premier foyer de grippe A (H1N1). La diminution du nombre de cas au Mexique et la propagation du virus ailleurs dans le monde justifient cette décision, a expliqué l'administrateur en chef de la santé publique, David Butler-Jones.

Sébastien Rodrigue LA PRESSE

Ce dernier a déclaré hier que le pire de la grippe A (H1N1) au pays était derrière nous. Mais il a ajouté que son organisme surveille étroitement l'évolution de la situation. Il a affirmé qu'on se trouvait toujours à l'intérieur de la période d'incubation des cas précédents, et qu'il est encore possible d'assister à un second pic.

 

Le Canada compte 520 cas de grippe due à la souche A (H1N1), dont un décès. Une mise à jour sera rendue publique demain et le bilan devrait être à la hausse. Au Québec, la Direction de la santé publique a annoncé 16 cas supplémentaires de grippe A (H1N1) hier, portant le nombre total de personnes atteintes à 87 dans la province.

Le directeur de la protection de la santé publique, le docteur Horacio Arruda, précise toutefois que les nouveaux cas sont «peu sévères» et que leur répartition géographique reste la même. Aucune école n'a été touchée par ces nouveaux cas. En conséquence, les règles d'hygiène de base restent en vigueur.

L'avis déconseillant les vols vers le Mexique était en vigueur depuis la fin avril. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait alors haussé son niveau d'alerte à 5 signifiant qu'une pandémie était imminente. Plusieurs voyagistes avaient reporté leurs vols jusqu'au début juin. C'est le cas, entre autres, de Vacances Air Canada, Sunwing et Air Transat. L'agence de la santé publique recommande toutefois aux voyageurs de prendre des précautions d'hygiène de base pour éviter de contracter la grippe.

De son côté, l'OMS maintient toujours son niveau d'alerte à 5 sur une échelle maximale de 6. La directrice générale de l'organisme, Margaret Chan, a d'ailleurs lancé une mise en garde hier. «Le virus nous a peut-être accordé un répit, mais nous ne savons pas pour combien de temps», a-t-elle déclaré. Mme Chan a notamment dit craindre des interactions entre le virus A (H1N1) et d'autres virus.

Jusqu'à maintenant, la maladie a officiellement contaminé plus de 8800 personnes dans 40 pays, faisant 74 morts, dont 68 au Mexique. La lutte contre la nouvelle grippe et les efforts pour produire un vaccin sont au coeur de la réunion de l'OMS à laquelle participent pendant cinq jours des responsables de la santé de 193 pays. La ministre canadienne de la Santé, Leona Aglukkaq, assiste d'ailleurs à cette rencontre à Genève, en Suisse.

En outre, le gouvernement fédéral a signé un contrat avec la firme GlaxoSmithKline pour la production d'un nouveau vaccin contre la grippe porcine. Des scientifiques fédéraux travaillent actuellement à l'élaboration d'un tel vaccin au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg.