Le gouvernement du Québec doit profiter de la crise économique pour réparer les mailles béantes qui tissent le filet social du Québec, soutient le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Lise Millette LA PRESSE CANADIENNE

Au cours d'une entrevue diffusée dimanche à La Presse Canadienne, Ian Renaud-Lauzé, porte-parole du collectif, a affirmé qu'il faut investir maintenant pour éviter de fragiliser et d'isoler ceux qui seront frappés par la récession et qui viendront gonfler les rangs des personnes en situation de pauvreté.Selon lui, les années de prospérité ont caché la pauvreté. M. Renaud-Lauzé a précisé que, bien qu'elle ne soit pas toujours visible, elle touche environ 30 pour cent de la population qui peine à couvrir ses besoins.

Il croit par ailleurs que la période de resserrement économique viendra rappeler aux gens la précarité à laquelle on n'échappe pas toujours. D'ailleurs, sur le terrain, les organismes communautaires confirment que les demandes d'aide de dernier recours ont augmenté, particulièrement auprès des banques alimentaires. Cela dit, avec les dons qui continuent de fondre, la pression et les besoins se trouvent décuplés.

Le collectif réclame des mesures structurantes pour renforcer le filet de solidarité sociale. Selon l'organisme, il faut renoncer à voir l'injection de fonds comme des dépenses, mais plutôt comme des investissements.

Il souhaite plus d'argent, investi dans des hausses du salaire minimum et dans l'indexation des prestations de sécurité sociale. Il soutient qu'il faut éviter l'isolement et la marginalisation des personnes en situation de pauvreté ce qui, éventuellement, coûte plus cher à l'Etat, notamment en soins de santé. Le collectif rappelle que vivre longuement dans la pauvreté entraîne une dégradation des conditions de santé, ce qui se traduit en bout de piste par des coûts de système plus importants.

Ian Renaud-Lauzé a avancé qu'en matière de santé, les coûts liés à la pauvreté représentent 20 pour cent du budget alloué chaque année par Québec, soit 6 milliards $. Ce montant s'ajoute, selon lui, à la perte d'une richesse collective, laissée en plan par le nombre de personnes qui pourraient contribuer à la société, mais qui n'en ont pas les moyens.