Plus de neuf semaines après avoir été remis en liberté par un juge qui a reproché aux services d'espionnage canadiens de s'être acharnés sur lui, Hassan Almrei n'a toujours pas eu de nouvelles - et encore moins d'excuses - des responsables fédéraux de la sécurité.

Mis à jour le 21 févr. 2010
LA PRESSE CANADIENNE

M. Almrei, qui prenait publiquement la parole dimanche pour la première fois depuis qu'un bracelet de surveillance électronique a été retiré de sa cheville, a affirmé vouloir que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) dise au monde entier qu'il n'est pas un terroriste.

«Je serais très heureux s'ils reconnaissaient avoir commis des erreurs dans mon cas et s'ils disaient: «nous avions tort»', a-t-il affirmé lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

«Je rêve qu'ils viennent me voir et me disent: «oui, nous avions tort, nous avions tort»', a-t-il ajouté.

A la mi-décembre, le juge Richard Mosley, de la Cour fédérale, a annulé le certificat de sécurité délivré contre M. Almrei il y a huit ans en raison des soupçons de terrorisme qui pesaient alors sur lui.

M. Almrei était entré au Canada en janvier 1999 en possession d'un faux passeport des Emirats arabes unis. L'année suivante, il obtenait le statut de résident permanent.

Le juge Mosley a estimé qu'il y avait peut-être des raisons valables pour détenir M. Almrei en octobre 2001, juste après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, mais qu'il n'y avait plus de raisons de croire qu'il représentait un danger pour la sécurité nationale aujourd'hui.

Le gouvernement canadien, qui tentait depuis des années de déporter l'homme d'origine syrienne, soutenait que les déplacements de M. Almrei, ses activités et sa possession de faux documents étaient propres aux personnes sympathiques à la cause d'Oussama ben Laden et de son réseau terroriste al-Qaïda.

Au début de 2009, M. Almrei avait été relâché d'une prison à sécurité maximale près de Kingston, en Ontario. Il était cependant demeuré sous la surveillance étroite des autorités, qui suivaient ses moindres déplacements au moyen d'un bracelet électronique fixé à une cheville.