Juste avant de se donner la mort, le couple Laliberté-Gauthier avait l'intention de faire savoir à tout le Québec par le biais des médias pourquoi il avait conclu un pacte de suicide et emporté dans la mort avec lui leurs trois enfants.

Mis à jour le 9 oct. 2009
Caroline Touzin LA PRESSE

La police a en effet trouvé dans l'ordinateur du couple Laliberté-Gauthier un courriel envoyé à l'animateur de LCN, Denis Lévesque, le 1er janvier vers 1h du matin, a révélé un enquêteur de la Sûrete du Québec ce matin au procès de Cathie Gauthier.

Selon la preuve de la Couronne, les trois enfants du couple ont été empoisonnés la veille, le 31 décembre 2008. Cathie Gauthier, 35 ans, est accusée du meurtre prémédité de ses trois enfants âgés de 4, 7 et 12 ans. Son mari, Marc Laliberté, a aussi péri au cours du drame.

Dans le courriel envoyé à l'animateur vedette, via le compte courriel de Marc Laliberté, l'auteur a écrit «que Dieu nous pardonne». Le testament du couple, leur «histoire de vie» ainsi que des photos récentes des enfants ont été mis en pièces jointes, a témoigné ce matin le spécialiste en informatique de la SQ, Patrick Duquette. Ces photos prises dans le temps des Fêtes peu de temps avant le drame ont été déposées en preuve. Les enfants posent tout sourire, debout devant un mur intérieur de la maison. Marc-Ange, 7 ans et Louis-Philippe, 4 ans, portent une chemise et un pantalon propre ainsi qu'une cravate trop grande pour eux. Des photos des deux parents, aussi souriants, sont prises dans la même pose.

Le courriel a été envoyé, mais pas transmis au destinataire, a explique le témoin. Un problème de connexion Internet pourrait l'expliquer, mais le spécialiste en informatique ne peut en être certain.

Marc Laliberté, sans travail et aux prises avec des problèmes financiers, avait fait des démarches de recherche d'emploi sur Internet jusqu'à la fin décembre, soit quelques jours avant le drame, selon le spécialiste qui a analyse le contenu de l'ordinateur du couple saisi dans sa résidence de Chicoutimi.

Cathie Gauthier aurait aussi écrit un courriel, envoyé mais encore une fois non transmis, à la fondation de Maman Dion intitule «un miracle SVP», deux jours avant le drame. Elle y raconte avoir été forcée de quitter Amos avec sa famille après avoir été «agressée par un voisin». Atteinte de fybromialgie, elle dit «faire des crises de panique» depuis l'agression. C'est elle qui aurait demandé à son mari de déménager. «Il suivait ou il nous perdait», aurait-elle écrit dans ce courriel au «je» signé «une famille dans le besoin».

Dans ce courriel, elle implore Maman Dion, mère de la célèbre chanteuse Céline Dion, de faire un miracle, car leur année 2008 a été «difficile». Son mari a perdu sa mère en juillet, raconte-t-elle, et ne s'est pas retrouvée d'emploi depuis leur arrivée au Saguenay. Elle annonce que sa famille devra déménager puisqu'elle n'arrive plus à payer le loyer.

Dans un troisième document, aussi saisi dans l'ordinateur, Marc Laliberté s'adresse à une administratrice de concours publicitaire à qui il demande également un miracle en détaillant leurs problèmes financiers. «Un père qui donnerait sa vie pour ceux qu'il aime», signe-t-il.

La Couronne a pratiquement terminé sa preuve avec le témoignage de cet expert en informatique. Le procès de Cathie Gauthier reprend mardi au palais de justice de Chicoutimi.