Une caméra de surveillance aurait pu filmer l'intervention policière du 9 août 2008 qui s'est soldée par la mort de Fredy Villanueva. Or, l'angle de la caméra installée sur le toit de la Maison culturelle et communautaire jouxtant le lieu du drame a été modifié quelques semaines auparavant.

Caroline Touzin LA PRESSE

«On aurait pu avoir l'incident filmé par une caméra de surveillance», a indiqué le procureur, Me François Daviault, au coroner Robert Sansfaçon, hier après-midi en ce premier jour de l'enquête publique.

 

La responsable du système de surveillance de la Maison, Marie-Agnès Guichard, a «pris ça très durement» après l'incident, selon Me Daviault. Cette femme est en congé de maladie depuis. Elle a fait pivoter la caméra, alors qu'elle se familiarisait avec le système quelques semaines plus tôt et ne l'a jamais remise dans son angle initial. Le soir du 9 août 2008, plutôt que de filmer le parc Henri-Bourassa, cette caméra a filmé une partie du stationnement de la Maison. Me Daviault a diffusé la bande, hier, dans la salle d'audience du palais de justice de Montréal où se déroule l'enquête.

On y voit la voiture de police des agents Pilotte et Lapointe, les deux agents impliqués dans la mort de Fredy Villanueva, se diriger vers le parc à 19h01 (en fait c'est 18h53, car la vidéo avait huit minutes de retard sur l'heure réelle). Quatre minutes plus tard, une seconde voiture de police, appelée en renfort, passe en trombe. Puis, d'autres véhicules d'urgence défilent.

En fait, il n'y avait pas une, mais bien trois caméras installées sur le toit de la Maison culturelle et communautaire. Les deux autres étaient également orientées dans des angles non pertinents pour l'enquête, a indiqué Me Daviault. Une quatrième caméra s'est également avérée inutile. Cette dernière, installée sur le toit de l'école secondaire Henri-Bourassa, filmait le parc de planches à roulettes, non loin du lieu de l'intervention policière.