Le policier de Montréal impliqué dans la mort de Fredy Villanueva, Jean-Loup Lapointe, craint pour sa sécurité au point où il a reçu l'autorisation exceptionnelle de porter son arme de service en dehors de ses heures de travail.

Caroline Touzin LA PRESSE

L'agent Lapointe ressent une «insécurité généralisée pour lui et sa famille», selon le témoignage qu'a rendu un inspecteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au moment de requêtes préliminaires à l'enquête publique du coroner sur la mort du jeune Villanueva.

 

Sauf exception, les policiers entreposent leur arme de service au poste de police. Or, l'agent Lapointe a reçu de son employeur l'autorisation de porter son arme de service pour aller et venir de sa résidence au travail, a expliqué l'inspecteur Richard Dupuis au coroner Robert Sansfaçon.

Après avoir mortellement atteint d'une balle le jeune Villanueva, le 9 août dernier, l'agent Lapointe a été en arrêt de travail durant cinq semaines et demie. Depuis, il envisage «difficilement» de revenir comme patrouilleur au poste de quartier 39, à Montréal-Nord, où il travaillait au moment de l'intervention policière qui a mal tourné. Il lui est arrivé de faire des manoeuvres de contre-filature parce qu'il se sentait suivi. Ni lui ni sa famille n'ont reçu de menace, a toutefois souligné l'inspecteur Dupuis.

Stéphanie Pilotte, la partenaire de patrouille de l'agent Lapointe le soir du 9 août, a été en arrêt de travail pendant un mois. Elle a ensuite repris le travail progressivement jusqu'à la fin du mois de janvier, où elle a recommencé à travailler à temps plein. Ni l'agent Pilotte ni l'agent Lapointe n'ont réintégré le poste de quartier 39. Le SPVM a mis en place d'autres mesures de protection pour ses deux agents, a indiqué l'inspecteur Dupuis, sans donner de détails pour ne pas les rendre caduques.

Pour des raisons de sécurité, les avocats des deux agents ont obtenu du tribunal qu'il soit interdit de publier des photos de leurs clients.