Trois personnes accusées de production de cannabis, dont une seule reste en prison. Tel est le modeste bilan de l'impressionnante opération policière qui a eu lieu à Kanesatake, mardi, et qui s'est conclue hier après-midi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Sous l'oeil d'une dizaine de proches de Kanesatake venus les appuyer, Vincent Daoust, Nancy Gabriel et Janice Gabriel ont tous les trois été formellement inculpés. Ils sont restés impassibles pendant la lecture des chefs d'accusation, pour lesquels ils ont plaidé non coupables. Seul M. Daoust, 46 ans, s'est vu refuser sa libération conditionnelle pour des motifs que la Couronne compte exposer à son retour devant le juge, mardi. Son casier judiciaire bien garni, avec une dizaine de condamnations depuis 1988, a de toute évidence pesé lourd pour la Couronne.

Les deux femmes, toutes deux âgées de 35 ans et aux casiers judiciaires vierges, ont été libérées moyennant des cautions respectives de 700$ et 2000$, ainsi que diverses conditions dont celle de garder la paix. Leur cause reviendra également devant la cour mardi pour une audience pro forma.

Les trois sont accusés d'avoir, «le ou autour du 19 mai 2009» selon la dénonciation, produit illégalement du cannabis à Kanesatake, en contravention de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Ils risquent un maximum de sept ans de prison.

Après avoir annoncé 16 arrestations mardi, la Gendarmerie royale du Canada avait dû baisser son bilan à 14 en fin de journée, et ensuite le rajuster à huit, a expliqué la procureure de la Couronne, Silvie Kovacevich. «Finalement, nous avons décidé de porter des accusations contre trois personnes. Pour toutes les autres personnes, on en est à analyser la preuve mais d'autres inculpations pourraient suivre», assure l'avocate.

Les trois inculpés habiteraient dans des résidences où de la marijuana et de l'équipement servant à la production ont été saisis. Les policiers ont mené 13 perquisitions mardi dans le cadre de l'opération CERRO visant à déstabiliser un réseau de production de marijuana. Près de 300 agents de la GRC, de la SQ et de la police des Premières Nations avaient participé à la descente, qui s'était notamment soldée par la saisie de 1200 plants de marijuana et le démantèlement de huit serres hydroponiques.