Hassan Diab, un Libano-canadien soupçonné d'être l'auteur d'un attentat qui avait fait quatre morts en 1980 près d'une synagogue rue Copernic à Paris, doit comparaître de nouveau mercredi à Ottawa pour savoir s'il sera remis en liberté en attendant une éventuelle extradition.

Philippe Sauvagnargues AGENCE FRANCE-PRESSE

Hassan Diab, un professeur de sociologie de 55 ans, avait été arrêté le 13 novembre dans la banlieue de la capitale canadienne à la demande de la justice française.C'est la seconde fois que cet enseignant à temps partiel dans deux universités d'Ottawa fait l'objet d'une audition de libération conditionnelle, un préalable à une audition portant sur l'extradition elle-même, qui doit se tenir plus tard à une date qui n'a pas encore été fixée.

En décembre dernier, le juge Michel Charbonneau de la Cour supérieure d'Ontario avait décidé que M. Diab demeurerait en prison pendant la durée de la procédure d'extradition estimant qu'il risquait de fuir s'il était libéré, même sous condition.

Mais cette décision a été cassée par une cour d'appel et la procédure reprend pratiquement au point de départ.

Après la première audition, M. Diab, qui affirme être innocent et victime d'une homonymie, avait renvoyé son avocat et engagé de nouveaux défenseurs. Ceux-ci ont fait valoir que les droits de leur client avaient été bafoués car les documents à charge présentés pendant l'audience étaient en français, une langue que M. Diab affirme ne pas comprendre.

Une juge de la Cour d'appel leur a donné raison, ordonnant la tenue d'une nouvelle audition. Celle-ci commence mercredi matin devant le juge Robert Maranger et doit durer trois jours.

Les magistrats français chargés du dossier accusent M. Diab d'être l'auteur de l'attentat qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés dans la capitale française, le 3 octobre 1980.

Dans leur dossier à charge, ils affirment que M. Diab est l'homme qui a acheté la motocyclette ayant servi à l'attentat et a placé dans les sacoches de l'engin les explosifs qu'il avait lui-même confectionnés.

Ils se basent sur des renseignements des services de renseignement français identifiant M. Diab comme un membre du groupe radical palestinien Front populaire de libération de la Palestine - Opérations Spéciales (FPLP-OS) auquel l'attentat a été attribué.

Après avoir été longtemps bloquée, la justice française était remontée en 2007 à M. Diab à la faveur d'un fichier fourni par l'Allemagne qui comprenait les noms des membres du commando de la rue Copernic.

Les magistrats appuient notamment leur démonstration sur la ressemblance entre M. Diab et les portraits robots de l'acheteur de la motocyclette ayant servi à l'attentat ainsi que sur des analyses graphologiques.

Les avocats plaideront que M. Diab peut être remis en liberté conditionnelle sans risques. Ils ont aussi annoncé leur intention de mettre l'accent sur ce qu'ils considèrent comme des faiblesses du dossier français.

Ils ont d'autre part réclamé au ministère public une version anglaise de l'ensemble du dossier français, y compris les volumineuses annexes, une exigence qui doit faire l'objet d'une audience séparée début avril.