Une école privée de Candiac, l'Académie Juillet, n'a toujours pas de permis pour l'an prochain, a appris La Presse. Par le passé, les anomalies ont été si nombreuses dans cette école privée que le ministère de l'Éducation a envisagé deux fois de révoquer son permis. Des faits troublants que bien des parents qui paient plus de 8000$ pour y envoyer un enfant ignorent.

Marie Allard LA PRESSE

L'Académie Juillet, école privée de Candiac, a entrepris la construction d'un bâtiment plus grand, dont l'ouverture est annoncée pour août prochain. Gros hic: La Presse a appris que le ministère de l'Éducation n'a toujours pas renouvelé le permis de l'Académie Juillet pour 2009-2010, ce que les parents qui y inscrivent leurs enfants ignorent.

 

«Nous suivons de très près le dossier», a assuré Pierre Noël, porte-parole du Ministère. Déjà, Québec a envisagé deux fois de révoquer le permis de l'école de Candiac depuis 2007, tant il y a eu d'anomalies.

Il en coûte plus de 8000$ par année pour envoyer un élève à l'Académie Juillet (sans service de garde), qui se présente comme une «école de rêve». «L'Académie Juillet, école prestigieuse et unique en son genre, révolutionnera le domaine de l'enseignement primaire», lit-on sur son site internet.

En zone industrielle

La réalité est plus décevante. Depuis son ouverture, en 2006, l'Académie loge dans un bâtiment du parc industriel de Candiac, qu'elle partage avec... le fabricant de savons Fruits et passion.

«C'était temporaire, le temps de s'installer et de trouver du financement, a expliqué Danielle Leggett, porte-parole de la Ville de Candiac. Sauf que les choses ont traîné un peu, ils ont eu des problèmes de financement. Il n'y a pas de permis accordé par la Ville (pour avoir une école en zone industrielle), juste une tolérance parce qu'on voyait que les gens étaient sérieux.»

En mai 2008, la Commission consultative de l'enseignement privé a émis un avis très dur envers l'Académie Juillet. Elle a estimé que ce lieu n'était pas approprié pour l'école, qui devait en trouver un autre «dès septembre 2008», ce qu'elle n'a pas fait. La Commission a souligné que la situation financière de l'Académie «demeure difficile», que deux enseignants n'avaient pas de permis, que ses bulletins, contrats, publicités n'étaient pas conformes, etc.

«L'établissement, malgré la gravité de sa situation (...) n'a pas démontré une volonté ferme d'effectuer les redressements qui s'imposaient», a souligné la Commission, qui s'est dite défavorable au renouvellement du permis de l'Académie pour 2008-2009.

Avis du Ministère

Déjà, l'année précédente, l'organisme avait mis en doute le bien-fondé des coûts élevés exigés des parents. «La Commission s'interroge sur le rapport de ceux-ci avec les services effectivement offerts», lit-on dans son avis de juin 2007.

Conséquence de tout cela: le 16 juin 2008, l'Académie a reçu une lettre du Ministère, l'informant de son intention de ne pas recommander le renouvellement de son permis. In extremis, l'école a par la suite répondu «de façon satisfaisante aux exigences posées», selon Pierre Noël. Si bien que son permis a été renouvelé pour l'année scolaire en cours seulement.

Pour le renouvellement de l'an prochain, «le traitement de la demande suit son cours, a indiqué M. Noël. La décision n'étant pas rendue, nous ne pouvons nous prononcer davantage à cet égard».