Michaëlle Jean a critiqué fortement le bilan du Canada en éducation dans l'Arctique, soutenant qu'un retard de 40 ans nous sépare d'autres pays en ce qui à trait à l'enseignement supérieur dans le Nord.

LA PRESSE CANADIENNE

La gouverneure générale a affirmé jeudi qu'elle ne se laisserait pas décourager par la réponse tiède d'Ottawa à son appel en faveur d'une université dans l'Arctique. Le gouvernement fédéral lui a signifié qu'il ne s'agissait pas d'une priorité.

Michaëlle Jean a dit qu'elle continuerait de faire pression sur les politiciens pour la création d'une institution qui servirait mieux les intérêts des Inuits et attirerait des étudiants non autochtones et des enseignants dans le Nord du pays.

Bien que sa dégustation de coeur de phoque cru au Nunavut, lundi, ait particulièrement attiré l'attention, Michaëlle Jean aura surtout profité de son voyage de huit jours dans l'Arctique pour promouvoir la création d'une université dans la région.

La gouverneure générale a soutenu que le Canada était à la traîne de pays tels que la Norvège, la Finlande, la Suède et les États-Unis. Elle a souligné que les États-Unis ont trois universités en Alaska, qu'il y en a également au Groenland, dans le nord de la Suède, et dans l'Arctique norvégien.

C'est une récente visite à Tromso, en Norvège, qui a inspiré la gouverneure générale à prendre position. Cette ville au 69e parallèle est devenue un carrefour économique et une source importante de main d'oeuvre qualifiée pour sa région.

Mais il y a des limites aux comparaisons que l'on peut faire entre la Norvège et le Nunavut. Environ 150 000 personnes vivent à Tromso et en périphérie - soit environ 50 pour cent de plus que la population entière des immenses Territoires du Nord-Ouest.

Certains observateurs pourraient aussi faire valoir qu'une université est un luxe dans une région aux prises avec de nombreux autres problèmes pressants.

Michaëlle Jean est loin d'être la première à proposer la création d'une université dans l'Arctique, le projet ayant été évoqué depuis des décennies par différents leaders de communautés et politiciens. Mais la gouverneure générale a reçu des fleurs cette semaine pour ses efforts visant à le remettre à l'ordre du jour.