blank_pageLes 980 professeurs de l'UQAM seront en grève toute la semaine prochaine. Ils ont rejeté massivement, hier, les dernières offres patronales qui leur avaient été présentées. Le conflit est dans l'impasse: aucune reprise des négociations n'est prévue.

Violaine Ballivy LA PRESSE

blank_pageLa présidente du syndicat des professeurs, Michèle Nevert, a soulevé un tonnerre d'applaudissements digne d'une rock star lorsqu'elle a annoncé ces résultats à ses membres massés hier après-midi dans une salle du théâtre Saint-Denis. Les professeurs et les maîtres de langue venaient de voter à 83% en faveur de la poursuite de leur débrayage jusqu'au 27 mars et de dire «non» à 90% à la dernière proposition de règlement - temporaire - présentée le matin même par la direction. «Loin de s'affaiblir, il est manifeste que la mobilisation est en train de s'intensifier», croit Michèle Nevert. À un point tel que les professeurs sont maintenant prêts à mettre le trimestre en péril, ajoute-t-elle. «Ce n'est pas ce qu'on veut, mais c'est le véritable et seul moyen de pression que les professeurs possèdent.»

La dernière offre patronale déposée hier prévoit l'embauche de 25 professeurs cette année et des hausses immédiates de salaire de 4% (ce qui inclut la hausse de 2% accordée par Québec au secteur public en 2008-2009). Cette entente serait temporaire: l'UQAM souhaite attendre les résultats d'une nouvelle enquête sur la tâche des professeurs avant d'en arriver à la signature d'une convention collective pluriannuelle, au plus tôt dans sept mois.

«Ce n'est pas une offre, c'est un affront!» s'est exclamée Céleste Grimard-Brotheridge, à sa sortie de l'assemblée générale. «Pourquoi est-ce que, à l'UQAM, on devrait accepter d'être moins payés que dans les autres universités?»

Les professeurs exigent une hausse de 11,6% en trois ans pour rattraper l'écart avec leurs collègues des autres campus de la province, lequel a été confirmé cette semaine par une étude de la firme comptable Aon commandée par la direction de l'UQAM. Les syndiqués demandent aussi l'embauche de 300 professeurs d'ici à 2011 et rejettent catégoriquement l'idée qu'un nouveau comité se penche sur leur charge de travail.

La direction affirme qu'elle n'a pas les moyens de bonifier son offre. L'UQAM prévoit un déficit de 10 millions pour l'année en cours et doit présenter un plan de retour à l'équilibre budgétaire au gouvernement d'ici au mois de mai. Les professeurs estiment qu'ils n'ont pas à faire les frais de la mauvaise situation financière et des dérives immobilières de l'institution.

Aucune reprise des négociations n'est prévue. «Nous sommes dans une impasse. On a senti, jour après jour, que le climat s'est durci et qu'il y a de plus en plus de tension», a dit le porte-parole de l'UQAM, Daniel Hébert. La poursuite du débrayage ne devrait pas compromettre le trimestre, a indiqué hier M. Hébert, bien que la reprise semble de plus en plus «problématique». Les cours donnés par les chargés de cours (60% des cours) seront maintenus. En 2005, une grève étudiante de sept semaines n'avait pas entraîné l'annulation du trimestre.