Le «Plan réussir» que dévoilera bientôt la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour contrer le décrochage ne sera d'aucune utilité si Québec n'intervient pas pour épauler le projet, estime le président de la CSQ, Réjean Parent.

Mis à jour le 16 févr. 2009
Martin Croteau LA PRESSE

De passage à Montréal, hier, le chef syndical a appelé le gouvernement provincial à «sortir de sa torpeur» et à lancer une vaste consultation pour freiner le fléau. La sortie survient trois jours après que La Presse a révélé la situation alarmante à la CSDM.

 

En quatre ans, les écoles mont-réalaises ont perdu 5500 élèves au secteur des jeunes. Et le taux d'obtention d'un diplôme du secondaire en cinq ans a reculé à 40,7% en 2007. L'organisme lancera dans les prochaines semaines un plan en 221 points pour redresser la situation alarmante dans les écoles.

Mais ces mesures ne seront qu'un coup d'épée dans l'eau sans l'aide de Québec, estime Réjean Parent. «Je suis convaincu qu'ils vont frapper rapidement des limites s'il n'y a pas un virage majeur au gouvernement provincial», a-t-il résumé.

Le leader syndical demande au premier ministre Jean Charest de se mêler personnellement du dossier. Il lui propose de tenir un important sommet sur la question pour que la province se dote une fois pour toutes d'un plan efficace.

«Depuis plusieurs mois, on nous ramène le problème, dit M. Parent. On nous propose toutes sortes de recettes qui ont l'air magiques et qui ne produisent absolument rien.»

Réjean Parent fait valoir qu'un garçon sur trois et qu'une fille sur cinq quittent l'école sans avoir obtenu de diplôme. Loin de s'améliorer, poursuit-il, la situation stagne depuis près de 15 ans. Le taux de décrochage est d'ailleurs passé de 26% en 2000 à 29% en 2007.

La CSQ propose de réduire la taille des classes, d'assurer une meilleure répartition d'enfants riches et pauvres à même les groupes, et d'embaucher plus de professionnels comme des psychologues et des orthophonistes. Il estime que Québec devra investir au moins 700 millions pour ramener ses dépenses dans le système scolaire à égalité avec la moyenne canadienne.