Source ID:732026c5192f3234a382d5bac534b282; App Source:StoryBuilder

Le clivage entre générations assombrit le Conseil national du PQ

Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

(TROIS-RIVIÈRES) Un fossé entre les générations est apparu clairement au Conseil national du Parti québécois (PQ) en fin de semaine. Bien qu'elle ait fait adopter plusieurs propositions innovantes, l'aile jeunesse du parti n'a pu atteindre son principal objectif : garantir que la moitié des délégués au congrès « extraordinaire » de novembre prochain aient moins de 40 ans.

Au terme d'échanges intenses et souvent émotifs, au prix d'une collision entre les générations, les 350 délégués ont maintenu la proposition originale de l'exécutif du parti : pour la « refonte » du PQ, l'automne prochain, le quart des délégués envoyés par les circonscriptions auront moins de 30 ans.

Accusant le coup, en fin de journée, la présidente du Comité national des jeunes du PQ, Frédérique St-Jean, a minimisé la rebuffade. « On aurait aimé que cela passe, a-t-elle admis. C'est un vote qu'on a perdu, mais il y a une volonté des gens à donner plus de place à la jeunesse. » La veille, elle avait pourtant insisté sur l'importance de cette proposition pour ouvrir toutes grandes les portes du parti aux jeunes militants.

Elle se consolait hier devant l'adoption d'autres propositions inédites de l'aile jeunesse : le congrès de novembre sera ouvert aux citoyens même s'ils ne sont pas membres du PQ. Ils pourront même y défendre des propositions si elles sont retenues par l'exécutif du parti.

Pour le chef intérimaire Pascal Bérubé, en fin de course, « les jeunes sont très satisfaits de leur présence. Ils ont gagné beaucoup même s'ils n'ont pas tout gagné ».

« Beaucoup des signataires [de la lettre d'appui à Catherine Fournier] ont décidé de continuer avec nous. Ils voulaient qu'on démontre qu'on était capables de changer les choses. »

Inquiet quant au coût du prochain congrès, l'exécutif du PQ a imposé que seulement quatre délégués par circonscription puissent y assister gratuitement. Les autres devront payer 400 $, une facture injustifiable, a déploré Paul Crète, membre de l'exécutif et président de la circonscription de Jean-Lesage, un quartier populaire de la capitale.

Âgisme

Ce débat sur la place des jeunes a soulevé beaucoup d'interventions émotives. Organisée, l'aile jeunesse avait manoeuvré pour contrôler un micro, avec une insistance qui a agacé des délégués.

Pour plusieurs vétérans chez les militants, le PQ ne peut accepter que le parti impose des quotas basés sur l'âge. « On est rendu dans l'âgisme, j'ai 63 ans et je suis fâché, cela n'a pas d'allure », a lancé au micro Roland Savard, délégué de La Prairie.

« Au congrès, il y aura une salle à côté où on va euthanasier les vieilles sacoches ! »

- Marc Laviolette, président du comité exécutif du PQ dans la circonscription de Beauharnois, sur un ton sarcastique

La proposition pour obtenir que la moitié des délégués aient moins de 40 ans a été battue de justesse. Immédiatement, Marysa Nadeau, ex-candidate dans Hull, a proposé que l'on mette la barre à 45 ans. « Vous nous dites que tout est sur la table, et au moment des décisions, vous chokez ! », a-t-elle lancé par dépit. Les délégués ont refusé à nouveau par un vote serré. Elle a ensuite proposé que la limite soit portée à 48 ans, avant que la présidente de la réunion, l'ex-députée Monique Richard, siffle la fin de la récréation.

Devant l'embarrassant dérapage en plénière, le responsable du dossier des aînés au caucus péquiste, Harold Lebel, a bondi au micro pour une intervention bien sentie, ovationnée par la salle. Il a plaidé pour « qu'on arrête ça là. » « Ce n'est pas parce que tu es aîné que tu n'as pas d'idées. On ne fera pas un débat entre les générations. » Les militants plus âgés font une contribution importante à la vie du parti, mettre en place des quotas n'est pas une solution, a-t-il insisté.

« Il faut faire attention, on ne peut dire aux plus âgés : "Tassez-vous, les jeunes s'en viennent !" », a-t-il lancé. Une autre déléguée a ironisé sur l'imposition de quotas pour assurer la présence des jeunes : « Fera-t-on des quotas de femmes, de LGBT, de végétaliens ? Pourquoi n'aurions-nous pas des délégations uniquement de péquistes ? Il faut unifier plutôt que stratifier ! »

Pour plusieurs intervenants, même le PQ est ouvert aux jeunes, c'est leur mobilisation qui fait défaut. À un récent congrès de jeunes, sur une possibilité de 300 délégués, seulement 150 militants s'étaient inscrits. Lors de la dernière campagne électorale, les militants qui ont mis de leur temps étaient « des jeunes... retraités », a laissé tomber une déléguée.

« On ne fait pas de l'âgisme, on veut que le parti soit représentatif de la population. On veut que les membres de la génération X amènent des idées avec eux », a dit Mme St-Jean. « On va s'organiser pour qu'il y ait de plus en plus de jeunes dans les instances. On veut une alliance des générations », a-t-elle ajouté.




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer