Rappelée à l'ordre par les autorités du Parti libéral du Québec (PLQ), la députée Marwah Rizqy a reconnu, hier, ce qui était un secret de Polichinelle : elle est à l'origine d'une proposition visant à ce que le parti s'excuse pour être allé « trop loin, trop rapidement pour revenir à l'équilibre budgétaire ». Proposition rejetée par le chef intérimaire Pierre Arcand et le caucus.

TOMMY CHOUINARD LA PRESSE

Marwah Rizqy l'avait élaborée il y a déjà plusieurs semaines, avant les Fêtes. Un canevas de lettre ouverte avait été écrit et envoyé à quelques élus. Son contenu s'est retrouvé dans Le Journal de Québec mardi, mais l'auteur n'était pas identifié. Le parti n'a pas mis de temps à le trouver.

Pierre Arcand a rappelé à l'ordre Mme Rizqy le jour même, puis c'était au tour de la whip Nicole Ménard, préfète de discipline du parti, de rencontrer la députée de Saint-Laurent mercredi.

« On dirait que j'ai causé un petit tumulte parce que j'ai des idées, je parle, je réfléchis et je communique en plus avec mes collègues », a affirmé Marwah Rizqy hier, au terme du premier jour de la réunion du caucus libéral pour préparer le retour en Chambre, la semaine prochaine.

L'élue n'a pas mis fin à un grand mystère en avouant être « l'instigatrice de ces mots », en référence à la proposition. « Vous connaissez mon nom, c'est Rizqy. Donc, je prends des risques. Oui, j'assume mes propos. [...] Maintenant, notre chef a parlé et on a eu une discussion entre nous. On a une position, et c'est la position de notre chef et de notre caucus. »

Pas d'« autoflagellation »

Pour Pierre Arcand, il est hors de question que le PLQ procède à une « autoflagellation publique » en présentant des excuses aux Québécois.

« On n'est pas dans le déni en disant que notre formation politique a été parfaite. On a fait des erreurs, on n'a pas été à l'écoute des citoyens possiblement comme on aurait dû l'être. » - Pierre Arcand, chef intérimaire du PLQ

« Ceci étant dit, on a aussi fait des bonnes choses. On a quand même laissé la province, le Québec, en bon état », a-t-il ajouté.

Visiblement irrité par la proposition de sa collègue, Carlos Leitão a fait valoir que tous les candidats en 2018 « savaient exactement quelle avait été l'orientation du gouvernement » quant à la stratégie pour redresser les finances publiques. « Si quelqu'un n'était pas à l'aise avec ça, c'est un peu tard maintenant pour le découvrir ! », a-t-il lancé.

Le gouvernement se devait de faire ce qu'il fallait pour sortir du rouge rapidement, sinon le Québec « allait frapper le proverbial mur ». « Ça ne veut pas dire non plus que tout ce qui a été fait a été fait de façon parfaite ou optimale », a ajouté M. Leitão. Un exemple ? Les communications essentiellement, selon lui. « On aurait dû mieux expliquer pourquoi on faisait ce qu'on faisait. Si c'était à refaire, cet aspect-là, on le ferait différemment. »