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Legault remet en question l'importance du surplus budgétaire

(Québec) Le gouvernement Legault remet en question l'importance du surplus budgétaire dont il a lui-même fait état la semaine dernière.

Vendredi, le ministre des Finances, Éric Girard, a révélé que le gouvernement de la Coalition avenir Québec a hérité d'un surplus budgétaire de 3 milliards pour les cinq premiers mois de l'année, un montant qui dépasse les prévisions.

Mais le portrait des finances publiques pourrait être moins reluisant, a laissé entendre le premier ministre François Legault en arrivant à une réunion de son cabinet.

« Il faut se demander si c'est vraiment un surplus de 3 milliards. On est en train de réviser les méthodes de comptabilisation », a-t-il lancé.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a par la suite précisé qu'il « n'y a pas de surplus de 3 milliards ». Tout au plus y a-t-il eu une hausse plus rapide que prévu des revenus de l'État dans les premiers mois de l'année, combinée à une baisse imprévue des dépenses.

« Les deux facteurs combinés, revenus et dépenses, font ce surplus de 3 milliards, a expliqué M. Girard. Et encore une fois, on n'a aucune raison de croire que les dépenses sur l'ensemble de l'année n'atteindront pas les budgets qui ont été accordés. »

L'état des finances publiques reste « bon », a précisé M. Girard. Il en présentera un portrait plus précis lors de la mise à jour budgétaire, « d'ici décembre » et après que le gouvernement fédéral se livre au même exercice.

Pour le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, il n'y a pas de doute que « les finances publiques sont bonnes » et que le gouvernement a les moyens de retourner de l'argent aux contribuables.

« Oui, on va le faire », a dit M. Fitzgibbon.

« Il n'y a pas de signes évidents » démontrant que la croissance économique va ralentir, selon lui. « Les indications à court terme sont favorables, a-t-il soutenu. L'économie va bien et continue d'aller bien. »

Maison en ordre

Croisé à l'Assemblée nationale, le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand, a rappelé que M. Legault, au moment de la passation des pouvoirs, « avait reconnu que la maison était en ordre » lors d'une rencontre avec son prédécesseur Philippe Couillard.

« Peut-être que (François Legault) essaie de gérer les attentes » aujourd'hui en mettant en doute le niveau du surplus, a-t-il avancé.

« Ce qu'on a vu la semaine dernière », l'état des lieux montrant un excédent de trois milliards au 31 août, « ce sont des informations venant du ministère des Finances », qui est crédible, a soutenu l'ex-président du Conseil du trésor. « En général, lorsque le ministère des Finances dit des choses, il a même tendance à être conservateur. »

« En comptabilité, souvent, on interprète les chiffres de la façon qu'on veut les interpréter, a ajouté M. Arcand. On verra de quelle façon (François Legault) analyse la situation », a-t-il ajouté.

Rapports mensuels

La veille, en entrevue à La Presse, le ministre Girard s'est ouvertement interrogé sur l'utilité, « la pertinence » de ces « rapports mensuels » sur les finances publiques. À son avis, ces mises à jour présentent une image déformée de la réalité.

« Je suis préoccupé par la transparence, je veux qu'on explique mieux avec un effort de simplicité et de vulgarisation pour la population », a-t-il dit.

Pour lui, ces rapports mensuels devraient être repensés, « parce que ce n'est pas une mise à jour de la situation budgétaire. Et même à la mise à jour (à venir) on aura seulement sept mois d'information. Se tromper de 1 % sur un budget de 100 milliards c'est tout de même un milliard ! » a-t-il laissé tomber.

« Peut-être devrions-nous avoir un rapport trimestriel avec une mise à jour annuelle, a-t-il avancé. Mon but est de renforcer l'exercice de prévisions budgétaires, diminuer la variabilité entre les prévisions et les résultats réels. »

Le rapport de la semaine dernière indique un surplus de 3 milliards, après cinq mois de l'année financière. « On ne peut prendre ces résultats sur cinq mois et les extrapoler sur l'année. Il n'y a pas de tel surplus », a-t-il insisté.

Les sources de distorsions sont nombreuses : « on voit une hausse de 6,6 % des revenus en cinq mois, mais on maintient notre prévision de 2,7 % de croissance sur l'année. Les revenus sont dopés par un transfert fédéral lié à la TVQ, explique l'ex-trésorier de la Banque Nationale. D'avril à août, les recettes ont même augmenté de 9 % ! Ce qui ne sera pas le cas en bout d'année, assure-t-il, puisqu'il y a du "non récurrent" là-dedans ».

« Du côté dépenses, on prévoit 5,3 % de croissance. Or, dans les cinq premiers mois, on a eu seulement 4,4 % », a-t-il relevé. Or, les budgets ont été alloués « et on n'a aucune raison de croire qu'ils ne seront pas consommés ».

Dans les revenus, on retrouve des éléments non récurrents, qui gonflent les chiffres du « premier semestre qui a été très fort pour l'économie québécoise ». « On est en surperformance pour les six premiers mois, ce ne sera pas le cas pour le deuxième trimestre. On va finir l'année sur les cibles », a-t-il insisté.




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