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Le PQ veut créer un tribunal pour les violences sexuelles et conjugales

Véronique Hivon, vice-cheffe du Parti québécois et porte-parole du... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse canadienne)

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Véronique Hivon, vice-cheffe du Parti québécois et porte-parole du parti en matière de justice

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse canadienne

Hugo Pilon-Larose
La Presse

(Québec) Dans la foulée du mouvement #moiaussi, où de nombreuses femmes ont dénoncé publiquement les agressions qu'elles avaient subies, le Parti québécois (PQ) s'engage à créer une Chambre vouée spécifiquement aux violences sexuelles et conjugales au sein de la Cour du Québec s'il est porté au pouvoir l'automne prochain.

La vice-cheffe et porte-parole du PQ en matière de justice, Véronique Hivon, estime que les politiciens « ont une énorme responsabilité dans la foulée de #moiaussi pour participer et être partie prenante à la transformation de la culture autour des agressions sexuelles ». Pour ce faire, il faut apporter des changements institutionnels au système de justice, a-t-elle affirmé en entrevue avec La Presse.

« Notre système de justice est difficile à changer. Comme pour le système politique, il est assis sur des centaines d'années de traditions. Je pense que c'est vraiment le temps d'envoyer un signal fort aux femmes [victimes de violences sexuelles et conjugales] et de créer une Chambre spécialisée [...] avec autant des intervenants judiciaires, des procureurs et des juges dédiés », a dit Mme Hivon, hier, prenant cet engagement dans le cadre de la Journée internationale des femmes.

L'EXEMPLE DE L'AFRIQUE DU SUD

Pour justifier une telle transformation du système actuel, la députée péquiste cite en exemple l'Afrique du Sud, où un tel tribunal spécialisé en infractions sexuelles existe. Selon l'Entité des Nations unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes), « des études portant sur les tribunaux spécialisés en matière d'infractions sexuelles [en Afrique du Sud] ont constaté un taux d'accroissement du nombre de condamnations prononcées pour infractions sexuelles qui est supérieur à la moyenne nationale ».

Si Véronique Hivon fait de cette idée un engagement électoral, qu'elle souhaite concrétiser avec la collaboration du système judiciaire, elle affirme au passage qu'elle est ouverte à discuter de cette proposition avec les autres formations politiques de façon non partisane.

« Les victimes de violence sexuelle ont une expérience difficile avec le système judiciaire. Comme porte-parole en justice et avocate, je ne suis pas surprise. Quand le système judiciaire a été mis en place, la question des agressions sexuelles n'était pas présente. Le système a été construit à un moment où les victimes avaient un rôle secondaire dans un contexte de poursuivant contre contrevenant. Il faut travailler pour qu'elles retrouvent une place importante », ajoute-t-elle.

DES UNITÉS POLICIÈRES SPÉCIALISÉES À TRAVERS LA PROVINCE

Des unités spécialisées dans les violences sexuelles au sein des corps policiers doivent également être présentes dans toutes les régions du Québec, affirme la vice-cheffe péquiste. Ces modules spécialisés, qui existent déjà dans plusieurs organisations, comme au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ne sont pas présents dans toutes les municipalités.

« Avec ces équipes spécialisées, il y a une approche adaptée à partir du moment où elles reçoivent une plainte pour travailler avec la victime et bien monter le dossier », dit-elle, n'ayant toutefois pas déterminé comment elle souhaitait imposer leur création dans chaque corps policier de la province.




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