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Vice-cheffe du PQ: à qui répond le premier ministre?

La nouvelle vice-cheffe du Parti québécois Véronique Hivon... (Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne)

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La nouvelle vice-cheffe du Parti québécois Véronique Hivon en a surpris plus d'un, hier au Salon bleu de l'Assemblée nationale, en prenant la parole à la place de son chef lors de la période de questions.

Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne

(Québec) La nouvelle vice-cheffe du Parti québécois, Véronique Hivon, a mis en cause des décennies de tradition parlementaire, hier, lorsqu'elle a pris la parole à la place de son chef Jean-François Lisée au Salon bleu. Une prise de parole qui a provoqué un affrontement partisan sur la conduite des débats à l'Assemblée nationale.

La question

Selon la tradition parlementaire britannique, c'est le chef de l'opposition qui lance les hostilités à la période de questions quotidienne. Le premier ministre lui donne la réplique, et il répond aussi aux chefs des autres groupes parlementaires. Mais voilà, M. Lisée a fait une entorse à cette coutume, hier, en cédant son temps de parole à sa nouvelle vice-cheffe, Véronique Hivon. C'est donc elle qui a interpellé le premier ministre au sujet du chantier maritime de la Davie.

La réponse

Le gouvernement a délégué le ministre responsable du dossier, Jean D'Amour, pour répondre à la députée péquiste. Au terme de la séance, le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, s'est montré étonné de la stratégie inhabituelle de ses adversaires. Bien que le fait que le PQ a désigné une vice-cheffe ne lui pose aucun problème, il estime que le premier ministre n'a pas à lui répondre. Surtout lorsque M. Lisée, qui demeure le chef de l'opposition, se trouve dans le Salon bleu. « Lorsque le chef est là, ce n'est pas la vice qui est cheffe, c'est le chef qui est chef », a lancé M. Fournier.

La critique

Jean-François Lisée s'est montré irrité par l'attitude du gouvernement à l'égard de sa lieutenante. À ses yeux, le premier ministre a manqué « d'élégance » en refusant de donner la réplique à Mme Hivon. Il rappelle que M. Couillard prend souvent la peine de répondre aux députés de Québec solidaire, même si ceux-ci ne sont pas dirigés par un chef et qu'ils ne sont pas reconnus comme un groupe parlementaire officiel. « Il enfreint lui-même la tradition lorsqu'il répond à des députés indépendants d'un parti non reconnu », a déploré M. Lisée.

La prérogative

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel, penche en faveur du gouvernement. Il ne voit « aucun problème » à ce que M. Couillard reste assis face aux questions de la vice-cheffe du PQ. « C'est la prérogative du premier ministre de décider par lui-même s'il doit se lever », a dit M. Bonnardel. Il se montre toutefois ouvert à la possibilité de discuter du statut de vice-chef au sein du comité technique mis sur pied par le président de l'Assemblée nationale pour améliorer la conduite des travaux parlementaires.

Le verdict

Aucune règle n'oblige un premier ministre à répondre à une question pendant un débat au Salon bleu, note Jean-Pierre Charbonneau, ancien président de l'Assemblée nationale. La conduite des débats est guidée par une tradition non écrite, mais cette coutume n'est pas « immuable », a résumé l'ancien député. Il rappelle que Robert Bourassa déléguait souvent ses ministres pour répondre aux charges des chefs de l'opposition. « Si M. Lisée décide que c'est Mme Hivon qui pose la première question pour des raisons stratégiques qui peuvent se justifier, alors à l'inverse, en face, on peut très bien décider que ce n'est pas le premier ministre qui va répondre », a résumé M. Charbonneau. Et il a ajouté ceci : « À mon avis, c'est un peu de l'enfantillage. »




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