Mis en place sur les chapeaux de roues, le Service de la vérification de l'intégrité des entreprises, chapeauté par l'UPAC, éprouve encore des problèmes. Le leadership se limite aux questions administratives et non opérationnelles, et les employés manquent de soutien, estime un rapport interne rendu public vendredi matin.

DENIS LESSARD LA PRESSE

Le rapport soulève aussi des problèmes de communications internes : « les décisions et orientations ne sont pas partagées au personnel » et l'information circule « principalement de façon informelle ».

Dans la lettre transmise hier au ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux, Robert Lafrenière, le patron de l'UPAC, souligne que le rapport ne soulève aucun problème du côté des équipes chargées de mener des enquêtes criminelles. C'est du côté de la direction mandatée pour émettre un avis positif ou négatif pour l'obtention de contrats publics que les problèmes sont apparus.

La mise en place de ce Service de vérification ne pouvait s'appuyer sur des précédents. La vérification de l'intégrité des entreprises était éloignée des responsabilités habituelles des policiers. « La création du Service de vérification de l'intégrité s'est avérée un défi en soi », écrit le commissaire Lafrenière. Manque d'effectifs, départ nombreux, le suivi des dossiers a aussi « souffert d'un manque d'indicateurs de performance permettant de mieux guider les actions du Service », poursuit M. Lafrenière.

Les « changements fréquents de priorités a généré une frustration supplémentaire (...) frustration qui s'est amalgamée (aux autres) tout ceci a joué un rôle dans le taux de départ volontaires observé » ajoute-t-il.

Comme mesure corrective, il promet de donner plus d'autonomie aux analystes, leur donner des instructions plus claires, de préciser leurs fonctions « afin de réduire les frictions liées au chevauchement des fonctions ».

Les dossiers, les demandes d'accréditations des compagnies auprès de l'Autorité des marchés financiers, seront divisés en catégories selon leur urgence. Les dossiers jugés non prioritaires seront traités dans la filière existante, le traitement des autres sera accéléré.

Du côté des communications, on tiendra des réunions statutaires aux deux semaines pour que tous les employés partagent la même information.

Dans un communiqué émis vendredi matin, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux dit constater que l'UPAC agit et prend des mesures pour redresser la situation, notamment en s'outillant de l'expertise de la Direction des ressources humaines pour obtenir des recommandations. Il remarque que des améliorations ont été apportées, mais qu'il reste du travail à faire, comme l'a lui-même constaté le Commissaire dans son rapport. 

« Mon rôle, comme ministre de la Sécurité publique, est de m'assurer que l'UPAC, sur le plan organisationnel, soit en mesure de s'acquitter de manière exemplaire de l'important mandat qui lui a été confié. J'en appelle donc maintenant à la collaboration des différents partis d'opposition afin de procéder rapidement à l'adoption du projet de loi no 107, ce qui permettrait d'enclencher le processus pour constituer un comité de surveillance indépendant de l'UPAC », a souligné M. Coiteux.