Les Québécois doivent se serrer les coudes et « prendre grand soin » de Bombardier, a affirmé Philippe Couillard, hier, en visitant les installations de l'entreprise en Israël.

Publié le 23 mai 2017
Martin Croteau LA PRESSE

M. Couillard a fait sien l'appel à la réconciliation lancé la veille par le président du conseil d'administration, Pierre Beaudoin. Dans une entrevue à La Presse, celui-ci a émis le souhait que les Québécois redeviennent fiers de l'entreprise, qui a essuyé un barrage de critiques pour avoir augmenté la rémunération de ses hauts dirigeants après avoir touché 1,3 milliard de fonds publics.

Bombardier emploie 230 personnes en Israël, où M. Couillard pilote une mission économique cette semaine. L'entreprise construit 70% des voitures de trains qui y circulent.

Ce succès témoigne du rayonnement de la multinationale québécoise, a affirmé le premier ministre, qui a visité une usine de Haïfa où des locomotives au diesel sont converties à la propulsion électrique.

«Souvenons-nous qu'avoir des entreprises de cette taille, pour une nation, c'est essentiel. Il faut en prendre grand soin», affirme M. Couillard.

Les Québécois sont en droit de critiquer Bombardier, a convenu M. Couillard, mais ils doivent aussi se réjouir de son succès international.

«Ça n'efface pas les événements qui ont eu lieu récemment et qui ont été commentés amplement, a-t-il dit. Mais oui, un Québécois qui se promène dans le monde, qui voit Hydro-Québec, qui voit CGI, qui voit Bombardier, j'espère qu'ils sont très fiers.»

«Se serrer les coudes»

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a abondé dans le même sens. Selon elle, il faut tourner la page à la controverse sur la rémunération des dirigeants.

«Quand on voit tout ce qui se passe, on a besoin de se serrer les coudes et de se dire que ce qu'on a besoin de faire aujourd'hui, c'est quoi? C'est de vendre des avions, a-t-elle dit. Ce qu'on a besoin de faire, c'est de passer à l'action.»