La Coalition avenir Québec a ouvert une enquête interne, a annoncé François Legault mardi, après qu'une ancienne employée eut allégué avoir fait du travail partisan même si elle était payée par l'Assemblée nationale.

Martin Croteau LA PRESSE

Julie Nadeau a affirmé à Cogeco avoir travaillé lors de plusieurs élections partielles alors que son salaire était payé par les fonds publics. Cette pratique contreviendrait aux règles de l'Assemblée nationale.

Mme Nadeau a affirmé que certains députés se sont fait les complices du stratagème en organisant de fausses réunions pour permettre aux employés de réclamer des frais de déplacement.

François Legault a semblé mettre en doute la crédibilité de cette ex-employée en rappelant qu'elle a été congédiée en lien avec un « compte de dépenses ». Il souhaite néanmoins faire la lumière sur ses allégations.

« En toute transparence, j'ai demandé au parti de faire enquête sur les cas qui ont été mentionnés, a déclaré M. Legault. Je suis convaincu que ce sont des cas exceptionnels, si c'est arrivé, et on va s'assurer aussi que pour l'avenir, les directives soient plus claires. »

Le chef caquiste se dit ouvert à ce que le cas de Mme Nadeau fasse l'objet d'une enquête indépendante, mais il n'en fait pas une demande formelle. Cela tranche avec sa réaction à la révélation selon laquelle le Parti québécois emploie cinq « agents de liaison » à même le budget de l'aile parlementaire, même s'ils ne mettent jamais les pieds à l'Assemblée nationale.

Les députés de la CAQ avaient alors accusé le PQ d'avoir orchestré un « détournement de fonds ». Et ils avaient réclamé une enquête du Directeur général des élections et du Bureau de l'Assemblée nationale sur les pratiques du parti de Jean-François Lisée.

Pourquoi réclamer une enquête indépendante sur le PQ et non sur la CAQ ? Parce que la CAQ interdit les stratagèmes comme ceux décrits par Mme Nadeau, a répondu M. Legault. À l'inverse, M. Lisée a défendu les pratiques du PQ en affirmant qu'elles sont conformes aux règles de l'Assemblée nationale.

« C'est deux cas complètement différents, a dit M. Legault. Et pour ce qui est des allégations qui, à mon avis, ne sont pas fondées. »

À la demande du Parti libéral, le Commissaire à l'éthique a ouvert une enquête sur les pratiques d'embauche du PQ, lundi. Le Bureau de l'Assemblée nationale, qui regroupe les trois principaux partis, va également se pencher sur le dossier.