La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques Rita de Santis a dérapé vendredi en suggérant dans une allocution qu'une personne qui tiendrait des propos racistes à un enfant devrait être «tuée, massacrée, jetée». La ministre a par après regretté avoir dit ces mots «inacceptables et [qui] ont largement dépassé ma pensée».

Louis-Samuel Perron LA PRESSE

Rita de Santis s'est emportée vendredi midi, lors d'un discours prononcé au Rendez-vous de Montréal-Nord/Priorité jeunesse, une rencontre à laquelle participait Denis Coderre et plusieurs élus du secteur. La ministre et députée de Bourassa-Sauvé a commis son faux pas, alors qu'elle racontait son expérience d'immigrante aux dizaines de participants de la rencontre.

«Je ne suis pas née au Québec et au Canada. Je suis immigrante. Quand j'ai commencé l'école, je ne parlais ni l'anglais ni le français [...] En 6e année, ma maîtresse m'a dit : ma chérie, tu ne vas jamais réussir dans la vie, tu parles avec un accent italien. Alors oublie-le. Toute personne qui parlerait à un enfant comme elle m'a parlé devrait être tuée, massacrée, jetée, je ne sais pas où», a-t-elle affirmé, ajoutant ensuite que le comportement de son ancienne enseignante était toutefois une exception. 

À la suite de la conférence, la ministre a atténué ses propos, aux côtés du maire Denis Coderre. « Je suis toujours très émotive, mais voilà, j'ai dit deux mots que je n'aurais jamais dû dire, mais ce n'est pas une expérience que je veux pour les enfants. Les enfants, on ne doit jamais leur dire que tu ne vas jamais réussir.»

Puis, en début de soirée, la ministre a fait amende honorable dans un communiqué. « En aucun cas, je ne voulais encourager la violence et je suis consciente que mes propos sont inacceptables et ont largement dépassé ma pensée. [...] Je pense que ces personnes, qui brisent le droit de rêver des enfants, doivent être dénoncées et en tant que mère, cela me rend très émotive lorsque j'en parle», a-t-elle déclaré.

Rita de Santis n'en est pas à sa première gaffe depuis qu'elle a accédé au Conseil des ministres en janvier dernier. Au mois d'avril, elle avait minimisé l'importance de l'objectif de financement de 150 000 $ qu'avaient certains ministres libéraux sous le gouvernement Charest. «Des peanuts», avait-elle déclaré, au sujet des sommes que devaient récolter les ministres pour financer le Parti libéral du Québec.