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Éducation: une région «punie» pour ses couleurs politiques?

René Labrie, président de la commission scolaire des... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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René Labrie, président de la commission scolaire des Affluents, se demande si «le gouvernement actuel punit [sa] région pour avoir élu trois députés caquistes et un péquiste».

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Alors que le ministère de l'Éducation rendra publique aujourd'hui la liste des projets d'agrandissement et de construction d'écoles autorisés cette année, le président de la commission scolaire des Affluents, dans la couronne nord, se demande si le gouvernement n'a pas puni sa région pour avoir élu des députés de la Coalition avenir Québec et du Parti québécois. Par ailleurs, l'île de Montréal bénéficiera de la moitié des projets financés par Québec, a appris La Presse.

Au bout du fil, lundi, le président de la commission scolaire des Affluents, René Labrie, ne cachait pas son exaspération. «Nous avons demandé au Ministère des agrandissements urgents de quatre écoles et aucun de ces projets n'a été accepté. Pourtant, il nous manque 35 classes dès septembre 2015 sur l'ensemble du territoire. C'est l'équivalent de deux écoles complètes! Je me pose une question: est-ce que le gouvernement actuel punit notre région pour avoir élu trois députés caquistes et un péquiste?» a-t-il demandé.

L'attachée de presse du ministre Yves Bolduc, Yasmine Abdelfadel, a rejeté ces suppositions. «On ne fonctionne pas avec des couleurs politiques, mais avec comme priorité les élèves, a-t-elle dit. On a des besoins démographiques dans certaines régions du Québec et elles sont priorisées parce qu'on a besoin d'infrastructures scolaires le plus rapidement possible.»

Yasmine Abdelfadel rappelle qu'une nouvelle école doit bientôt être construite sur le territoire de la commission scolaire des Affluents, dans Valmont-sur-Parcs, à Repentigny. «On essaie de trouver une solution pour que la construction puisse commencer le plus rapidement possible», a-t-elle dit.

L'impasse entourant la construction de cette nouvelle école perdure depuis un an et demi, parce que la commission scolaire des Affluents n'a toujours pas trouvé de terrain pour la construire dans ce secteur déjà saturé. Dans l'urgence et voyant augmenter les prévisions sur le nombre d'élèves, elle a demandé au Ministère, en mars, d'autoriser en priorité l'agrandissement d'écoles primaires existantes pour répondre aux besoins à court terme.

«On a demandé dix locaux à l'école Entramis (à Repentigny), on ne les a pas eus. On a demandé dix locaux à l'école Gareau (à L'Assomption), on ne les a pas eus. On a demandé dix locaux à l'école La Tourterelle (à Repentigny), on ne les a pas eus. Et on a demandé un autre agrandissement à l'école de l'Aubier (à La Plaine), et on ne l'a pas eu», martèle René Labrie.

Parmi les 34 projets qui seront rendus publics par le Ministère aujourd'hui, un seul a été autorisé à la commission scolaire des Affluents: la construction d'une nouvelle école primaire à L'Assomption, un projet réalisable dans un délai beaucoup plus long.

«Pour quelle raison le Ministère a-t-il choisi d'autoriser un projet moins prioritaire que les autres? demande René Labrie, en poste depuis avril dernier. Le gouvernement libéral devrait selon lui être au fait des besoins de sa commission scolaire étant donné qu'il compte dans ses rangs nul autre que son président sortant, Yves St-Denis, élu député libéral d'Argenteuil aux élections d'avril.

«L'an prochain, nous aurons de sérieuses problématiques, avertit René Labrie. On entend parler de modulaires (des roulottes temporaires installées dans les cours d'école), de transport d'élèves sur de longues distances... Aujourd'hui, on fait face à ces choix-là.»

Inquiétudes pour Saint-Amable

La commission scolaire des Patriotes, sur la Rive-Sud, est aussi inquiète: son projet de construction d'école dans Saint-Amable n'a pas été autorisé. Elle vient donc de soumettre une autre demande au Ministère pour une école plus petite, quitte à l'agrandir éventuellement.

Selon la commission scolaire, le Ministère ne reconnaît pas l'importance des besoins d'espaces dans Saint-Amable en raison d'un problème d'ordre administratif. Contrairement aux autres écoles de Saint-Amable, la nouvelle école primaire du secteur, inaugurée en 2012, n'est pas encore inscrite sur la liste des écoles reconnues en milieu défavorisé. Le Ministère tient donc pour acquis que ses classes accueillent 26 élèves. Or, elles en comptent plutôt 20, comme c'est la règle en milieu défavorisé.

Montréal

Deux projets de construction d'écoles dans l'est de Montréal ont été refusés par le ministère de l'Éducation. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) obtiendra toutefois le feu vert pour six projets d'agrandissement et deux acquisitions d'édifices, pour un total de 42 millions d'investissements sur les 247 millions annoncés lundi par le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.

L'île de Montréal bénéficiera de la moitié des projets financés par Québec, qui donne le feu vert à 15 projets dans l'île sur les 34 autorisés dans l'ensemble de la province.

Deux projets sont restés sur le carreau: Marie-Rivier dans Saint-Michel et Saint-Albert-le-Grand dans Rosemont. Dans ce dernier secteur, où on constate une forte augmentation de la clientèle ; le coup sera difficile à prendre. Dans Rosemont, à proximité du complexe Angus, les parents sont très mobilisés.

Deux acquisitions viendront réduire la pression sur la clientèle de la CSDM, qui augmentera de 1000 élèves par année pour les dix prochaines rentrées. Québec accorde un financement supplémentaire pour permettre à la commission scolaire d'acquérir une école qui était du côté anglophone, à la Commission scolaire English-Montréal. L'école Saint-Brendan, dans Rosemont, recevra des fonds supplémentaires pour des rénovations.

Dans l'ouest d'Ahuntsic, l'édifice Tollers sera récupéré pour fins scolaires. Parmi les écoles qui ont vu leur projet d'agrandissement approuvé se retrouvent Saints-Martyrs-Canadiens, Saint-Grégoire-le-Grand, Alphonse-Desjardins, Philippe-Labarre, Saint-François-d'Assise et Iona dans Côte-des-Neiges.

Les projets doivent passer par le processus d'appel d'offres, puis franchir l'étape des plans et devis avant que la construction débute. Il pourra donc s'écouler trois, voire quatre ans avant que les projets approuvés lundi ne soient terminés.

À la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, tous les projets d'importance ont été autorisés, soit trois agrandissements et deux nouvelles écoles dans les secteurs de Saint-Laurent, Pierrefonds-Roxboro, LaSalle et Dollard-Des Ormeaux, pour un total de 50 millions.




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