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Des services publics pourraient disparaître, reconnaît Leitao

Carlos Leitao... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Carlos Leitao

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Le retour à l'équilibre budgétaire sera difficile et des services publics risquent de passer à la trappe, a admis mardi le ministre des Finances, Carlos Leitao.

En point de presse à l'entrée du conseil des ministres, M. Leitao a invité les Québécois - et les organismes publics - à faire preuve de lucidité devant l'ampleur des mesures de redressement des finances publiques présentes et à venir.

«La population va devoir aussi s'ajuster à la réalité. Il ne faut pas non plus vivre dans un monde rose où le gouvernement contraint la croissance des dépenses et il n'y a rien qui se passe de l'autre côté. On doit tous s'ajuster à la nouvelle réalité», a déclaré le ministre.

Pour la réussite de son plan de match vers l'équilibre budgétaire, le ministre des Finances a annoncé des compressions de 2,7 milliards $ cette année et de 2,4 milliards $ l'an prochain.

Afin de limiter la croissance des dépenses à moins de deux pour cent cette année et à peine 0,7 pour cent l'an prochain, la Commission permanente de révision des programmes, mise sur pied par le gouvernement, doit pour sa part identifier des économies de 3,2 milliards $.

«Il ne faut pas se cacher et penser que tout va être rose. C'est un effort contraignant de contenir le rythme de croissance des dépenses, sachant surtout qu'une bonne partie de ces dépenses de programmes, 60 pour cent, ce sont les salaires», a soulevé M. Leitao.

Les milieux de la santé et de l'éducation s'inquiètent de l'impact des coupes et les syndicats montent aux barricades pour le maintien des services à la population.

En éducation, ce sont des services aux élèves qui pourraient écoper à cause des pressions financières exercées sur les commissions scolaires. Des coupes dans l'achat de livres ont même été évoquées récemment par le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc - qui s'est ravisé par la suite.

Le ministre des Finances ne cherche pas de faux-fuyant. Il reconnaît l'ampleur de l'effort exigé et les risques qui pèsent sur le panier de services.

«On va les accompagner (les commissions scolaires) pour d'abord éviter qu'elles fassent des déficits et par la suite qu'elles soient capables de vivre à l'intérieur des budgets sans nécessairement trop affecter les services aux citoyens», a-t-il dit.

Que ce soit en éducation ou dans les autres missions de l'État, toutes les pierres seront retournées, a fait comprendre M. Leitao. Cela signifie que divers services publics pourraient être touchés.

«Ça pourrait arriver, on verra, a-t-il noté. On commence cette année et ça va se poursuivre l'année prochaine aussi. Il va falloir que l'on soit capable de vivre à l'intérieur de nos moyens. C'est contraignant, oui.»

Son collègue, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a fait savoir que les mauvaises nouvelles pourraient arriver dès l'automne. La Commission permanente de révision des programmes prépare ses premières recommandations.

«Il y aura des recommandations qu'on va connaître dès le mois d'octobre», a-t-il dit en point de presse avant d'entrer à la séance du conseil des ministres. Il a indiqué que la commission travaille «en toute sérénité» loin de la place publique.

M. Coiteux a refusé d'employer le mot «coupes», qui «ressemble à l'ancienne façon de faire lorsqu'on écrasait des dépenses excédentaires». Le gouvernement veut plutôt examiner l'ensemble des dépenses du portefeuille, des programmes, d'organismes, les façons de faire, pour apporter des changements permanents, a-t-il plutôt argué.




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