Même si la Cour supérieure a invalidé le règlement municipal de Gaspé et autorise Pétrolia à y reprendre ses forages exploratoires, le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet soutient qu'il dispose encore de temps avant d'agir.

Paul Journet LA PRESSE

La société pétrolière a déjà indiqué qu'elle ne forerait pas avant de consulter l'étude hydrogéologique de Québec, qui sera déposée d'ici le 31 mars. «Et il faudra du temps pour l'analyser. On est rendu quelque part en avril, donc la notion d'urgence est déjà moindre», a-t-il expliqué hier.

M. Blanchet a déposé le printemps dernier un projet de règlement pour protéger les sources d'eau potable lors de forages. Il n'a pas encore été adopté. «On est sur le bord d'un consensus», a-t-il assuré hier. Le dossier aboutira «incessamment», promet-il. «Je suis sous l'impression qu'on va l'avoir avant la fin mars.» Or, des élections pourraient être déclenchées d'ici là, ce qui suspendrait le processus pendant quelques semaines.

Gaspé avait adopté en décembre 2012 un règlement pour interdire les forages proches de sources d'eau potable, comme celui de Pétrolia au puits Haldimand no 4, situé à environ 350 mètres de la maison la plus proche. La Cour supérieure a conclu que Gaspé outrepassait ses compétences. C'est à Québec d'encadrer les forages.

Les regroupements de municipalités pressent donc le ministre Blanchet d'adopter un règlement pour définir une «distance séparatrice» entre un forage et une source d'eau potable.

M. Blanchet indique que son règlement va «bien au-delà» de cette question. Il exigera aussi notamment des études hydrogéologiques, qui pourront justifier un resserrement des normes pour les forages plus risqués.