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Protection des entreprises: un comité plutôt que les promesses électorales

Le comité est formé entre autres de l'ex-ministre... (Archives La Presse canadienne)

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Le comité est formé entre autres de l'ex-ministre libérale Monique Jérôme-Forget.

Archives La Presse canadienne

(Québec) Le gouvernement Marois met sur la glace ses promesses électorales et crée un groupe de travail pour lui proposer des mesures afin de protéger les entreprises québécoises contre les prises de contrôle hostiles. Le comité est formé entre autres de l'ex-ministre libérale Monique Jérôme-Forget.

En campagne électorale, la première ministre Pauline Marois s'était engagée à créer un fonds d'investissement stratégique de 10 milliards de dollars pour protéger les entreprises et maintenir les sièges sociaux au Québec. Elle promettait de modifier les lois afin d'élargir les responsabilités des administrateurs pour qu'ils tiennent compte dans leur décision non seulement des intérêts des actionnaires mais aussi de ceux des travailleurs et de la communauté. Elle voulait protéger les administrateurs s'ils refusent une offre d'achat hostile.

Le Parti libéral et la Coalition avenir Québec avaient pris des engagements dans le même sens, alors que la tentative de prise de contrôle de Rona par Lowe's faisait les manchettes. Mme Marois avait d'ailleurs fait son annonce dans le stationnement d'une quincaillerie Rona de Saguenay.

Mais le ministre des Finances, Nicolas Marceau, est hésitant à dire que les promesses seront respectées. L'idée de créer un fonds de 10 milliards, « ça existe encore, et si c'est nécessaire, on y reviendra. Je veux entendre la communauté d'affaires sur ces questions », a-t-il affirmé en conférence de presse vendredi. Mais cet engagement semble être sur le point de passer à la trappe. M. Marceau a d'ailleurs souligné que l'État dispose déjà de « plusieurs fonds sur lesquels on peut agir pour assurer la protection des sièges sociaux et en attirer de nouveaux ».

Quant aux changements législatifs promis, « c'est important d'avoir un éclairage là-dessus, ce n'est pas simple », a-t-il dit, une précaution qui n'existait pas en campagne électorale. « Au Québec, on peut avoir le désir d'agir là-dessus, mais les dispositions de la loi sur les valeurs mobilières sont des dispositions qui sont à harmoniser avec celles des autres provinces canadiennes. Des changements à la loi ne feront pas l'unanimité au Canada, et ça prend un appui très solide de la communauté d'affaires québécoise. »

Nicolas Marceau se défend de mettre en veilleuse les promesses électorales. « Je mets le pied sur l'accélérateur, je veux que ça avance, que ça se fasse. Le gouvernement est en place depuis neuf mois, on ne peut pas tout faire en une journée », a-t-il expliqué.

Le comité devra remettre son rapport à l'automne. Il est présidé par Claude Séguin, vice-président de la firme CGI et ancien sous-ministre aux Finances. En plus de la « dame de fer » Monique Jérôme-Forget, il sera secondé entre autres par Andrew Molson (Molson Coors) et André Dion (ancien PDG de Rona).

Monique Jérôme-Forget a fait savoir que ses convictions politiques demeurent les mêmes et que le comité n'est pas partisan. Sa nomination ne heurte pas le chef libéral Philippe Couillard. « La participation, c'est une bonne chose. J'espère que Mme Jérôme-Forget pourra transmettre au gouvernement l'importance de maintenir un climat économique sain plutôt que de se disperser dans toutes les directions et manquer d'axes fondamentaux dans la politique économique », a-t-il affirmé après une allocution devant la Chambre de commerce de Québec.




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