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Élections à date fixe: les libéraux mettent de l'eau dans leur vin

En commission parlementaire, vendredi, M. Dutil a présenté... (Photo PC)

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En commission parlementaire, vendredi, M. Dutil a présenté un amendement qui propose de laisser au Directeur général des élections la latitude de déterminer si un report est nécessaire lorsque la situation l'exige, sans plus de précisions. L'amendement ne fait plus aucune référence aux fêtes religieuses, a confirmé M. Dutil lors d'une entrevue.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Les libéraux ont mis de l'eau dans leur vin, vendredi, afin d'éviter un débat sur les fêtes religieuses qui pourraient empêcher la tenue d'élections à date fixe.

Le député libéral Robert Dutil a affirmé que l'opposition officielle a consenti à faire cette concession à la lumière de la sensibilité manifestée par le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville.

Vendredi matin, M. Drainville avait accusé ses adversaires de vouloir briser le consensus des partis à l'Assemblée nationale sur la tenue d'élections à date fixe en utilisant le motif des fêtes religieuses.

Les libéraux souhaitaient notamment une modification au projet de loi 3, actuellement étudié en commission parlementaire, parce que la fête juive de Roch Hachana coïncidera, en 2016, avec le moment où une élection se tiendrait.

Selon M. Drainville, il était important de maintenir la préséance du calendrier civil pour éviter la multiplication des demandes.

En commission parlementaire, vendredi, M. Dutil a présenté un amendement qui propose de laisser au Directeur général des élections la latitude de déterminer si un report est nécessaire lorsque la situation l'exige, sans plus de précisions. L'amendement ne fait plus aucune référence aux fêtes religieuses, a confirmé M. Dutil lors d'une entrevue.

«Cet arrangement-là nous convient, même s'il est moins explicite. Par contre il a un avantage, il est plus large sur certains aspects, a-t-il dit. On n'estime pas que c'est un recul, on estime que c'est un compromis acceptable pour nous autres, pour trouver un accord d'ensemble sans en arriver avec un débat sur la laïcité, (et) tout ce qui semblait vouloir s'envenimer dans cette commission parlementaire.»

Le projet de loi 3 propose de fixer les élections tous les quatre ans, le premier lundi d'octobre.

Avant la période des questions, lors d'un point de presse, M. Drainville a soupçonné les libéraux de vouloir revenir sur leur engagement en faveur des élections à date fixe.

Le ministre a affirmé qu'il est impossible de tenir compte de toutes les fêtes religieuses, dont il a estimé le nombre à une centaine.

«On avait une entente et là, les libéraux reviennent là-dessus en prétextant une fête religieuse, a-t-il dit. Mais vous comprendrez, on ne peut pas choisir la date des élections en tenant compte des fêtes religieuses des uns et des autres.

«Ce qui est en cause présentement, ce n'est pas une fête religieuse juive, ce qui est en cause, c'est le principe que les élections à date fixe doivent se tenir dans l'intérêt général.»

M. Drainville a donné l'exemple des élections municipales, qui surviennent le dimanche, le «Jour du Seigneur» pour les catholiques, afin d'illustrer qu'un compromis pour les fêtes religieuses ouvrirait la porte à plusieurs demandes.

«On voit où ça nous mène, le problème c'est ça», a-t-il dit.

Presque simultanément au moment où M. Dutil présentait son compromis, le chef libéral Philippe Couillard a soutenu qu'on ne peut pas comparer un dimanche avec Roch Hachana, «une fête aussi importante que l'est Noël pour nous».

Après avoir prononcé un discours devant des gens d'affaires, le chef libéral a estimé que sans tenir compte des célébrations religieuses, le projet de loi enverrait un message négatif à certaines communautés.

«Ce qu'on fait malheureusement, j'espère que c'est involontaire, c'est qu'on envoie un signal à une communauté, parmi d'autres communautés au Québec, que cette journée-là ce sera plus difficile pour eux de voter», a-t-il dit.

Le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) Gérard Deltell a affirmé que la proposition des libéraux serait un compromis intéressant qui devra être analysé pour préciser quelles situations seraient prises en compte.

«Ça mérite examen, mais nous ce qu'on comprend, c'est que les libéraux ont décidé de mettre de côté le calendrier religieux, ce qui est une bonne chose, parce malheureusement, ç'avait détourné l'attention du débat et pris une tangente qui était malheureuse», a-t-il dit.

Le cabinet de M. Drainville a indiqué que la nouvelle proposition des libéraux sera étudiée avec ouverture, tout en rappelant que la date des élections ne doit pas être fixée selon le calendrier des fêtes religieuses.




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