Aux prochaines élections, les partis indépendantistes devraient faire cause commune et, circonscription par circonscription, se retirer au profit de celui qui, selon les sondages, a le plus de chances de l'emporter, estime Bernard Landry.

Dans une conférence de presse invitant les forces souverainistes à s'unir, l'ancien premier ministre a avancé cette idée. À son avis, «l'indépendance n'est ni à droite ni à gauche, mais en avant», et il faut mettre ses dissensions de côté avant les prochaines élections. «La patrie avant les partis», a-t-il lancé.

Dans l'immédiat, M. Landry participe à l'organisation, en mai, d'un «congrès de la Convergence nationale», sorte de terrain neutre pour tous les souverainistes.

Le Nouveau mouvement pour l'indépendance - qui n'est pas un parti politique, mais un projet de mobilisation, a dit son porte-parole Jocelyn Desjardins - jette ainsi les bases d'une offensive pour une «campagne d'initiative citoyenne non partisane».

L'idée, c'est de se donner, pour l'instant, non pas «un oui référendaire, mais un oui entre indépendantistes», a résumé M. Desjardins.

La marche vers l'indépendance n'est-elle pas haute? «Nous sommes à un niveau plus élevé que six mois avant le référendum de 1995, qu'on a perdu par moins de 1% parce qu'on s'est fait voler», croit plutôt M. Landry.

Rares sont les personnalités publiques qui ont déjà promis d'être présentes au congrès de mai. Pour l'instant, le seul nom important connu du public, outre celui de M. Landry, est celui d'Amir Khadir.

Fait à noter, M. Landry croit qu'il faut rayer le mot souveraineté du discours indépendantiste. La souveraineté, «c'est technique», a-t-il dit. «On n'a pas entendu parler de la souveraineté du Monténégro, et le 4 juillet, on souligne l'Independance Day», a-t-il expliqué.