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Le PQ vote contre ses propres compressions

Pauline Marois lors de la période des questions,... (Photo: PC)

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Pauline Marois lors de la période des questions, mardi à l'assemblée nationale.

Photo: PC

(Québec) Le gouvernement Marois a commis toute une bourde à la reprise des travaux de l'Assemblée nationale, mardi. Il a appuyé une motion lui demandant de reculer sur ses compressions dans les universités.

L'incident est survenu après la période des questions, au Salon bleu. Le député caquiste Stéphane Le Bouyonnec a déposé, conjointement avec le libéral Gerry Sklavounos et Françoise David, de Québec solidaire, la motion suivante: « Que l'Assemblée nationale exige du gouvernement qu'il renonce aux compressions budgétaires imposées en fin d'exercice financier aux universités puisqu'elles se traduiront par une augmentation du déficit accumulé des universités; que l'Assemblée nationale réitère l'importance pour le gouvernement de réinvestir dans l'enseignement supérieur ».

« Est-ce que cette motion est adoptée? », a demandé le vice-président de l'Assemblée nationale, Claude Cousineau, après la lecture de la motion.

Comme tous les partis, incluant le Parti québécois (PQ), ont répondu par l'affirmative, M. Cousineau a déclaré: « Adoptée! »

L'appui du PQ à cette motion a causé la surprise. « Je suis encore tout impressionné! » a lancé Amir Khadir, de Québec solidaire, qui prenait la parole par la suite.

Prenant conscience de son erreur, le leader parlementaire adjoint du PQ, Mathieu Traversy, a tenté en vain d'annuler son vote. Les travaux ont été suspendus quelques instants. « À l'adoption d'une motion précédente, il y a eu confusion dans l'acceptation. Est-ce qu'on peut revenir sur un vote qui a été demandé? », a lancé M. Traversy à la reprise des débats. La réponse de M. Cousineau - député péquiste - a été catégorique: « Non. Alors, vous avez votre réponse: c'est non. »

L'adoption de cette motion n'a pas pour effet d'annuler les compressions de 124 millions pour cette année. Au gouvernement, on estime que la motion est un « souhait » de la Chambre qui « n'engage en rien le gouvernement ». Le Parti libéral le croit aussi, mais ajoute que la gaffe du PQ « prouve son improvisation ».

Un parti déjà dans l'embarras

Cette erreur place le gouvernement dans l'embarras, lui qui l'était déjà passablement à la suite de la sortie-surprise de l'ancien chef péquiste Jacques Parizeau dans Le Devoir. L'ancien premier ministre s'est prononcé en faveur de la gratuité scolaire à l'université, alors que le gouvernement écarte cette option et privilégie l'indexation des droits de scolarité. Comme d'autres ministres, Pierre Duchesne, biographe de M. Parizeau, a cherché à minimiser l'affaire. « Quand les gens s'expriment et prennent position dans un débat, je trouve ça correct », a affirmé le ministre de l'Enseignement supérieur. Il a une fois de plus écarté la gratuité scolaire. « La situation financière est particulière, et il faut être responsable », a-t-il fait valoir. Il a déjà évalué à 1 milliard de dollars le coût de la gratuité scolaire.

Pour son collègue Jean-François Lisée, « M. Parizeau participe au débat, c'est tout. Il ne faut pas dramatiser chaque fois que quelqu'un prend la parole ». Il a ajouté que « l'immense majorité des Québécois » appuie la position du gouvernement, soit l'indexation, selon un sondage publié le week-end dernier.

Pour financer la gratuité scolaire, Jacques Parizeau propose de rétablir la taxe sur la masse salariale qui était imposée aux banques. Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a rejeté l'idée.




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