De l'opposition chez les syndicats, des problèmes informatiques et même un conflit de travail: tout était en place pour un report de la date butoir pour l'élimination du placement syndical. L'objectif du 2 décembre 2012 est reporté au 9 septembre 2013, a appris La Presse.

Publié le 15 nov. 2012
Denis Lessard LA PRESSE

La ministre du Travail, Agnès Maltais, doit déposer aujourd'hui un projet de loi prévoyant cette nouvelle date pour l'élimination du placement sur les chantiers par les centrales syndicales. En février prochain, des mesures intérimaires s'appliqueront: on demandera par exemple aux entrepreneurs d'indiquer auprès de la Commission de la construction du Québec (CCQ) la provenance syndicale de chacun de leurs travailleurs.

À l'Assemblée nationale hier, la ministre du Travail, Agnès Maltais, a martelé que le gouvernement avait l'intention d'aller de l'avant avec la loi adoptée l'an dernier, à l'unanimité. «Nous tenons à cette lutte contre l'intimidation, nous voulons l'éliminer sur les chantiers», a-t-elle soutenu.

Obstacles

Bien des obstacles se sont dressés. Devant l'opposition des centrales syndicales, la ministre Lise Thériault avait formé un comité consultatif, que la FTQ Construction et l'Internationale avaient boycotté. Or, même en l'absence de ces deux centrales, le comité n'a pu s'entendre sur un rapport unanime, le printemps dernier.

«Il n'y avait absolument aucun accord sur lequel aurait pu se fonder la Commission de la construction», a dit Mme Maltais. Sous le Parti libéral, «il manquait 70% des travailleurs, qui n'avaient pas été autour de la table parce que le précédent gouvernement misait sur la division», a lancé la ministre.

Selon le critique libéral au dossier, le député de Chomedey Guy Ouellet, en acceptant de reporter l'échéance du 2 décembre prévue dans la loi, «avec le règlement et avec l'ouverture qu'elle fait aux syndicats, [Mme Maltais] ramènera la peur, l'intimidation, la discrimination et la collusion sur les chantiers du Québec».

Problèmes informatiques

En plus des tiraillements entre les centrales du secteur de la construction, les problèmes informatiques à la CCQ ont contribué à brouiller les cartes. Les modifications nécessaires au système, qui était alors en cours de réalisation, auraient fait grimper rapidement la facture. On a décidé de ralentir. Finalement, les semaines de conflit l'été dernier - bon nombre d'activités de la CCQ ont été arrêtées pendant plusieurs semaines - ont aussi contribué à sceller le sort de la cible du 2 décembre.