François Legault se dit «ébranlé» d'apprendre que son ancien représentant accrédité, Marc Deschamps, aurait tenu une double comptabilité pour le parti du maire Gérald Tremblay.

Paul Journet et Tommy Chouinard LA PRESSE

C'est ce qu'a affirmé sous serment le témoin Martin Dumont devant la commission Charbonneau.

«Ça semble être dit par un témoin qui, on peut penser, est crédible. Je suis ébranlé. Je suis content qu'il ne soit plus avec nous», a affirmé le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) en parlant de Marc Deschamps.

M. Deschamps était représentant du parti Union Montréal. Il a aussi été représentant officiel du libéral Raymond Bachand. La Coalition avenir Québec l'a engagé avant la dernière campagne électorale.

On savait alors qu'il avait siégé au comité qui évaluait les soumissions pour le Faubourg Contrecoeur, un important projet résidentiel dans l'est de Montréal. Ce comité a été marqué par plusieurs irrégularités. Il a mené à la vente du terrain à Construction Frank Catania. M. Catania a depuis été arrêté.

«On cherchait un homme qui avait de l'expérience. Mon directeur de cabinet  a demandé deux fois (à M. Deschamps), concernant les allégations connues à l'époque sur le Faubourg Contrecoeur: est-ce qu'il y a un fondement? Il avait nié, et je pense qu'il dit toujours qu'il n'est pas responsable. Maintenant, au début de la campagne, (un média) a ressorti la nouvelle. Suite à cet article, avec mon directeur de cabinet, on s'est assis avec M. Deschamps. On a convenu que, pour ne pas être une distraction pendant la campagne électorale, c'était mieux qu'il quitte. Et quelques jours plus tard, M. Duchesneau est arrivé. Donc la question ne se posait plus.»

Deux jours après le déclenchement des élections, M. Deschamps a quitté son poste dans la controverse. Mais ce n'était pas à la demande de Jacques Duchesneau, insiste M. Legault.

Jacques Duchesneau, député caquiste et ancien patron de l'Unité anticollusion, a offert une version différente ce midi. «Ce que j'ai dit à M. Legault, c'est que je ne voulais pas travailler avec M. Deschamps. Et il n'a pas posé de questions. Quand je suis arrivé, M. Deschamps avait quitté», a-t-il raconté.

M. Duchesneau avait déjà des soupçons au sujet de Marc Deschamps. Pourquoi ne le voulait-il pas comme représentant accrédité de la CAQ? «Vous avez entendu le témoignage de M. Dumont dans les derniers jours, basé sur ce que M. Dumont m'avait dit lorsque je faisais mon enquête (pour le rapport bénévole à la commission Charbonneau)», se souvient-il.

«On ne ferait pas bon ménage, M. Deschamps et moi. C'est ce que j'ai exprimé quand je suis arrivé au parti (...) J'ai rencontré un tas de gens qui m'ont donné un tas d'informations qui vont témoigner devant la Commission. Je vais laisser les gens faire leurs dépositions devant la Commission. Tout ce que j'ai exprimé (à François Legault), c'est qu'il y avait un malaise. Et ce malaise a été réglé par le départ de M. Deschamps.»

M. Legault assure qu'il n'y a pas eu de problèmes de vérification au recrutement de la CAQ. «On avait fait tout ce qui était possible à l'époque, on lui avait posé toutes les questions. Je ne pense pas qu'on pouvait en faire plus», dit-il. Il a assuré que Marc Deschamps n'avait participé à aucune collecte d'argent pour le compte de la CAQ.