Pauline Marois assure que son gouvernement n'a pas l'intention « à ce moment-ci » de couper les subventions des écoles privées qui refusent de cesser la sélection de leurs élèves. Cette mesure n'est qu'une « hypothèse » parmi d'autres. Et du reste, « l'essentiel » de la position du Parti québécois, « c'est que les écoles privées puissent accueillir plus d'enfants en difficulté », a fait savoir la première ministre en conférence de presse à Paris mercredi.

Tommy Chouinard LA PRESSE

La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a déclenché une polémique en affirmant que les écoles privées devraient cesser de sélectionner leurs élèves si elles veulent continuer de toucher leurs subventions.

Pauline Marois tempère ses ardeurs : « Il y a une position au programme du Parti québécois qui est celui de demander aux écoles privées d'accueillir davantage d'enfants en difficulté. C'est ça, la position que nous avons ». « Une des hypothèses qui avaient été envisagées, c'est de regarder, si elles ne se conformaient pas, qu'on puisse revoir les subventions versées », a-t-elle ajouté. Elle a conclu en disant que « l'essentiel, vraiment, de la positon, c'est que les écoles privées puissent accueillir plus d'enfants en difficulté ». Il n'est pas question « à ce moment-ci » de couper les subventions.

Dans son programme, le Parti québécois propose de «modifier les règles de financement des écoles privées» pour introduire «une obligation d'intégration et de rétention» des élèves en difficulté d'apprentissage. Sinon, leurs subventions devaient «diminuer graduellement». Pauline Marois n'a pas fait de cette proposition un engagement électoral. Elle n'en a d'ailleurs jamais parlé au cours de la campagne.

Ce n'est pas la première fois que Mme Marois doit corriger le tir à la suite d'une déclaration d'un ministre. Elle l'a fait dans le cas de la titulaire des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui avait affirmé que le gaz de schiste est trop risqué pour en permettre un jour l'exploitation. La première ministre a dit qu'elle attendra les études du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement avant de trancher sur la question.

-Avec Paul Journet