La campagne électorale s'amorce et, dans les tranchées, les mercenaires politiques s'affairent à débusquer des gestes ou des déclarations passées susceptibles d'embarrasser l'adversaire.

Mis à jour le 1er août 2012
Denis Lessard LA PRESSE

Le Dr Gaétan Barrette venait tout juste d'annoncer son intention d'être le candidat de François Legault dans Terrebonne que, du côté libéral, on diffusait un reportage publié en décembre 2002 dans Le Soleil. Dans cet article, le bouillant médecin, alors président de l'Association des radiologistes, qualifiait M. Legault, à l'époque responsable de la Santé, de ministre «arrogant et dictateur».

Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), on n'était pas en reste. Dès l'annonce de la candidature de la comédienne Sophie Stanké dans Saint-Henri sous la bannière du Parti québécois (PQ), l'état-major de François Legault a soutenu que Mme Stanké était allée jusqu'à signer son bulletin de candidature pour la circonscription de Laporte lors d'une rencontre avec le chef de la CAQ. Elle avait ensuite apporté le document avec elle. À la mi-mai, elle avait toutefois fait savoir par téléphone qu'elle ne souhaitait pas faire le saut en politique.

Hier, Mme Stanké a reconnu avoir parlé de la circonscription de Laporte avec M. Legault, mais a nié s'être engagée à quoi que ce soit. Elle a soutenu que l'adoption de la loi spéciale - cautionnée par la CAQ - l'avait convaincue de tourner le dos à ce nouveau parti. Néanmoins, on soutient à la CAQ que son désistement était bien antérieur à cet événement. Selon Mme Stanké, l'appui de M. Legault à la loi n'a fait que renforcer son projet de se joindre plutôt au PQ.

Finalement, François Legault a soutenu que la libérale Linda Lapointe avait tourné le dos à la CAQ parce qu'elle ne pouvait obtenir la circonscription de Groulx, où elle avait été élue en 2007 en tant qu'adéquiste. Or, un témoin a confié à La Presse que M. Legault avait à plusieurs occasions, devant lui, promis verbalement la circonscription de Groulx à Mme Lapointe. C'est lorsque la mairesse de Rosemère s'est avérée disponible qu'on a voulu envoyer Mme Lapointe dans Saint-Jérôme, circonscription voisine. À l'époque, Mme Lapointe organisait, avec passablement de succès, des cocktails-bénéfice pour la CAQ.